10 ans après Délits flagrants,
Depardon nous livre une fois de plus une vision de la société
sous un angle peu habituel, un documentaire engagé
(malgré une apparente neutralité) sur la justice
française.
Dire que cette vision est conforme serait
beaucoup s'avancer, puisque derrière la qualité
et la pertinence des cas évoqués, il y'a le
montage et le choix des affaires qui déterminent pour
beaucoup l'orientation du film.
On en sort assez perplexe. Certains rient
dans la salle, devant le malheur de ceux qui comparaissent.
La tragi-comédie est là, bien présente,
mais très gênante. Le film a aussi le mérite
de poser, de manière sous-jacentes, plusieurs questions
pertinentes, dont celle concernant l'utilité ou non
de filmer les affaires juridiques. On ne peut s'empêcher
d'avoir son propre avis, de trouver la justice peu partiale,
avec sur ces 12 cas, une femme seulement. On peut constater
aussi le manque de tolérance de cette même justice
avec les gens ne s'exprimant pas correctement en français.
Justice à double vitesse ? La caméra de Depardon
ne tranche pas. Comme elle ne tranchera jamais, vu que le
seul parti pris du cinéaste s'est fait dans la salle
de montage.
Quoiqu'il en soit, ce film propose une plongée
dans la machine judiciaire tellement inhabituelle que le simple
visionnage de ce film, devrait être d'utilité
publique. Un documentaire que les médias s'empresseront
vite de qualifier de "citoyen" mais qui, surtout,
nous rappellera le sort de 12
personnes. Est-ce représentatif ou non ? Depardon a
réalisé ici un film qui ne manquera pas de nous
questionner nous-même.