En choisissant de prendre parti pour une
oeuvre rétrospective, Spike Lee ('Malcolm X', 'Do the
Right Thing'...) désamorce d'entrée presque
tout suspens concernant une éventuelle intrigue dans
son histoire. Le spectateur sait d'entrée qu'il ne
s'agit pas du sempiternel schéma du dealer qui monte
au sommet puis descend en enfer.
Ici, c'est plus la réaction humaine qui est cherchée.
Le personnage ne nie aucun fait, et essaye juste de faire
dans ses dernières 24h de liberté ce qu'il ferait
si c'étaient ses dernières, avant de passer
sur la chaise électrique.
Grâce à une realisation sobre
et un montage très précis, Spike Lee imprime
une vraie ambiance et un fond palpable à chacun de
ses personnages. Particulièrement bien interprétés
par des acteurs très inspirés : Norton ('Fight
Club', 'American History X'), fidèle à lui même
allie sobriété et émotions. Autour de
lui, ses deux meilleurs amis campent un trader tendu (Barry
Pepper) et un prof de lettre (Philippe Seymour Hoffman) et
sont de vrais seconds rôles bien écrits, qui
offrent un réel plus dans l'histoire. Le père,
brillamment interprété par Brian Cox ('Manhunter',
'L.I.E') est également une figure importante du film,
et propose ainsi des scènes que l'on a pas toujours
l'occasion de voir dans des films relatant des situations
identiques.
Cherchant à éviter le sensationnel
et la facilité, cette 25 ème heure qui pèse
comme une épée de Damocles sur le film, nous
emmène dans un voyage vers l'essentiel, vers les bases.
Spike Lee propose ici un film mature et réfléchi,
un vrai renouveau pour le réalisateur.