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l'affiche du film

l'histoire du film

« 3 extrêmes » regroupe trois moyen métrages fantastiques asiatiques :
Dans « Nouvelle cuisine » de Fruit Chan, Madame Ching Lee, une ancienne star de Hong Kong approchant la quarantaine, goûte aux raviolis cuits à la vapeur de Mei, une ancienne employée du corps médical, pour rajeunir, quitte à en payer le prix fort.
Dans « Coupez ! » de Park Chan-Wook, un réalisateur aussi acclamé du public qu'apprécié des critiques se retrouve aux prises avec un détraqué qui lui propose un choix terrifiant : tuer un enfant ou voir les doigts de sa femme coupés les uns après les autres.
Dans « La Boîte » de Takashi Miike, une romancière à succès mène une vie solitaire, derrière laquelle se cache un lourd secret. Un secret qu'aimerait bien découvrir son éditeur, qui ne semble pas insensible au charme de la jeune femme.

 

 


« Three extrêmes » est une compilation de moyens-métrages qui fait suite au film « Three : trois histoires de l’au-delà ». Dans le but de promouvoir le cinéma d’horreur asiatique, des producteurs avaient réunis trois cinéastes asiatiques chargés de réaliser un moyen-métrage sur le thème de la mort. Le résultat, l’inégal « Three » sortit de manière complètement anecdotique au milieu de l’été 2003. Aujourd’hui « Three » revient avec un seul mot d’ordre : extrême. Les trois cinéastes s’en sont donnés à cœur joie et ils nous livrent un film bien plus équilibré que son prédécesseur. Une vraie perle.

Le premier « Three » regroupait des réalisateurs beaucoup moins connus que ce deuxième opus. Le coréen Kim Jee-Woon (réalisateur de « Deux Sœurs » grand prix du festival Gerardmer 2004) livrait un agréable petit thriller mâtiné de visions paranoïaques. Le deuxième segment réalisé par le Thaïlandais Nonzee Mimibutr était très mauvais. Soporifique et sans intérêt, « La roue » donnait presque envie de quitter la salle tant le résultat faisait peine à voir. Heureusement, le meilleur était pour la fin avec « Chez Nous » de Peter Ho-Sun Chan. Magnifique drame teinté de fantastique, ce dernier moyen-métrage valait largement à lui seul une vision de ce premier « Three ». Pour ce nouveau volet, trois réalisateurs emblématiques ont pris la suite. Le controversé Takashi Miike venu du Japon. Il y a aussi Park « Old Boy » Chan-Wook pour la Corée et enfin le dernier segment est réalisé par le hongkongais Fruit Chan (« Little Cheung»).

Le segment de Fruit Chan ouvre d’ailleurs ce nouveau « Three ». Intitulé « Nouvelle Cusine » (ou « Dumplings » en VO), ce moyen-métrage est en fait la version raccourcie d’un long qui ne devrait pas sortir chez nous. Il s’agit peut-être du plus faible des trois. Malgré tout l’interprétation est parfaite, la cadrage élégant et l’horreur omniprésente. De cette recette de jeunesse éternelle, Fruit Chan ne nous épargne rien et il vaut mieux avoir le cœur bien accroché. Alors tout cela peut paraître un peu exagéré mais finalement (ndlr : je n’ai pas vu le long) le format du moyen-métrage sied bien à l’histoire et l’ennui ne pointe jamais son nez.

Le métrage de Park Chan-Wook « Coupez ! » (« Cut !» en VO) est le meilleur du lot. On peut lui reprocher certaines audaces filmiques (dont un superbe plan-séquence au début) et une approche un tantinet répétitive de ses thèmes fétiches : humour noir, vengeance, ironie et mise en scène très stylisée. Pourtant Wook montre avec panache que dans un registre assez redondant, il arrive à composer des films toujours aussi passionnants. Je ne dévoilerai pas l’histoire pour laisser intact tout le suspens, mais ce segment beau, prenant, drôle, passionnel et un peu givré est une vraie réussite. Une de plus pour Park Chan-Wook.

Enfin le dernier segment de Takashi Miike est le plus démonstratif. À l’opposé de son « Audition », Miike réalise un film lent mais très prenant et avec une atmosphère teintée d’un mélange d’horreur et d’érotisme assez troublant. Il fait preuve d’une maîtrise parfaite et avec trois bouts de ficelle donne à son métrage une beauté limpide. Cette histoire de « Boîte » (« The Box » en VO) et des rapports de l’héroïne avec sa sœur sont empreints d’une poésie morbide qui flirte souvent avec la terreur. Un véritable cauchemar éveillé, vaporeux et étrange qui se bonifie de visions en visions.

Face aux films d’horreur ricains qui remake à tour de bras et composent des films conventionnels sans la moindre once d’originalité, le cinéma d’Asie fait preuve d’une vitalité étonnante. Gore, tragique, horrifique, poétique et émouvant, « Three » arrive en trois actes et tout juste deux heures à dresser un panorama complet du film d’horreur. Une si grande maîtrise technique et une telle maturité (notamment chez Miike) font plaisir à voir. Merci encore aux distributeurs de nous offrir ces petites perles venues d’Asie. Et les USA pourront recycler tant qu’ils veulent, leurs remakes ne sont pas prêt d’atteindre une telle maîtrise esthétique, technique (et oui !) et narrative. Et pourquoi pas un Three numéro 3 ?