C'est la carte de la truculence que François
Ozon a voulu jouer avec cette comédie grinçante
tirée d'une pièce de théâtre méconnue
du grand public. La réunion de ses huit actrices hors-paires,
que tout sépare, est l'occasion d'une pléiade
de scènes sucrées et charmantes ("Amélie
Poulain" n'est pas si loin) qui transforment la pièce
initiale en un spectacle de marionnettes musicales à
la morale, il est vrai, bien peu recommandable.
8 femmes, cela se regarde et cela s'écoute...
C'est pourquoi le réalisateur nous propose un huis-clos
en forme de Cluedo où chacune d'elles, accompagnée
de ses charmes et de ses atours, nous fait un numéro
que seules les personnages de boulevards les plus décomplexés
avaient osé faire jusqu'à aujourd'hui. C'est
même un festival de couleurs, de situations folkloriques,
de décors faussement sophistiqués et de personnalités
excentriques auquel nous assistons. S'il fallait être
misogyne, on oserait comparer le film à une métaphore
de la femme dans toute sa splendeur
Certes, parfois, Ozon y va un peu fort sur
les secrets de familles qui se multiplient comme on énonce
ses fautes dans un confessionnal, cela ressemble un peu trop
à du "Sitcom" et le scénario, déjà
faiblard à l'origine, n'en devient alors que moins
convaincant. Cependant, de Ludivine Sagnier à Isabelle
Huppert (époustouflante), il est bien difficile de
résister à cet étalage de talents individuels
dirigés et canalisés de main de maître
par un réalisateur-dompteur débordant d'énergie.
François Ozon deviendra-t-il l'un des
futurs grands réalisateurs français comme la
presse française se prête à le crier d'une
seule voix ? Ne mettons pas la charrue avant les bufs
Cependant, il faut avouer que derrière une apparente
naïveté, les oeuvres du réalisateur rivalisent
décidément de maîtrise et de sérieux.
Alors, attendons encore un peu...