C'est amusant, chaque fois que j'entreprends
d'écrire une critique sur un film d'animation, je me
demande par quels moyens je vais pouvoir remplir la feuille.
Et ce nouveau film d'animation de la Fox ne fait malheureusement
pas exception : on rentre dans la salle, on rit et on s'émeut
pendant une heure vingt puis on ressort. Que diable voulez-vous
rajouter à ça ?! Sachant que les mécanismes
utilisés sont absolument les mêmes que ceux de
tous ses prédécesseurs, de "Fourmiz"
à "Toy Story" en passant par "Mille
et Une pattes".
Essayons tout de même d'avancer quelques
arguments. Disons que les aventures de ce mammouth, ce tigre
et ce paresseux réservent un certain nombre de surprises
qui raviront les grands comme les petits (c'est un bon début,
non ?). Les effets comiques ne manquent pas, ni les effets
tragiques qui sont d'ailleurs un peu trop nombreux dans la
dernière demi-heure du film. Les graphismes ont l'avantage
de créer un effet de relief assez réaliste,
cependant les hommes n'ont pas été suffisamment
soignés, ce qui pèse sur la qualité de
l'oeuvre tout entière.
Comme d'habitude avec le genre de l'animation,
les répliques amusantes fusent, ce qui poussent à
déduire qu'il est beaucoup plus facile de faire rire
en faisant gesticuler un paresseux un peu ridicule qu'en faisant
parler un homme. Les dialogues ont aussi l'avantage de masquer
la naïveté du propos gentiment écologique
du film. Une superbe scène se démarque cependant
des autres : celle où le mammouth voit en dessins animés
la représentation de sa propre chasse par les hommes.
Ceci dit, chaque fois que je me force à
aller voir un film d'animation, les mêmes questions
me viennent à l'esprit : les films d'animations peuvent-ils
être considérés comme des oeuvres cinématographiques
au sens noble du terme ? Je ne pense pas. Car si leur conception
technique apparaît particulièrement laborieuse,
leurs objectifs artistiques sont souvent très loin
de se hisser au niveau des films "en chair et en os",
les oeuvres d'animation préférant habituellement
charmer le téléspectateur en faisant appel à
des mécanismes infantilisants pas toujours des plus
convaincants. Mais, je m'égare...