Les réalisateurs de "La vérité
si je mens" ne brillent malheureusement pas par leur
créativité dans ce nouveau film. L'idée
de mettre en scène une histoire autour du loto est
plutôt bonne mais l'exploitation apparaît malheureusement
très en dessous de ce que l'on pouvait attendre.
S'appuyant sur une impressionnante galerie
de vedettes, le film se contente la plupart du temps de reprendre
les clichés les plus évidents de la comédie.
Bien sûr, parfois, c'est drôle mais réduire
le sujet à une simple histoire de coeur apparaît
plutôt léger. La pilule passe d'autant moins
bien que les réalisateurs ont tendance à abuser
du rire bien gras du prolétaire qui devient riche.
Au delà de la faiblesse des mécanismes
comiques, c'est le politiquement correct qui exaspère
dans le film. D'un côté le méchant patron
raciste, de l'autre les commerciaux un peu beaufs mais gentils,
d'un côté le pouvoir de l'argent, de l'autre
le pouvoir de l'amour... C'est sans doute par excès
de fainéantise que les concepteurs ne sont pas allé
chercher plus loin que le bout de leur nez. Mais cela se ressent
lourdement pendant le film.
Il reste alors la performance des acteurs
: ils sont nombreux à faire des pieds et des mains
pour porter le scénario, avec des résultats
plus ou moins convaincants. Jean-Pierre Darroussin déçoit
un peu par sa prestation, alors que Claude Berri et François
Morel sont encore une fois parfaitement dans leurs rôles.
Le charme de Valeria Bruni Tedeschi contribue également
à l'efficacité de certaines séquences.
Un film qui déçoit cependant
grandement car on attendait beaucoup d'un tel sujet. Malgré
quelques bonnes idées, l'essai est loin d'être
transformé.