Alors que tout semblait annoncer un choc
de titans avec la rencontre des 2 créatures extra terrestres
les plus violentes du grand écran, on se retrouve avec
un film dune médiocrité inattendue tant
au niveau du scénario que de la réalisation.
Un désastre signé Paul Anderson !
Et pourtant la série des « Alien »
na jusquici jamais été décevante :
4 épisodes constituent actuellement cette grande aventure
de la science-fiction initiée en 1979 par l« Alien »
de Ridley Scott, poursuivie par « Aliens »
(1986) de James Cameron, « Alien ³ »
(1992) de David Fincher et enfin « Alien :
Resurrection » de J.P. Jeunet (1997). Le succès
des 4 uvres nest pas dû au hasard, mais
à la combinaison de certains éléments
que Paul Anderson semble avoir complètement omis :
ambiance glauque, personnages de caractères, suspense
de tous les instants et réalisation impeccable.
Tous ces aspects se retrouvent dans une certaine
mesure dans la courte série des « Predator »
qui a connu seulement 2 déclinaisons en 1987 et 1990,
avec respectivement aux commandes John Mc Tiernan et Stephen
Hopkins. Autant dire que la tâche de rassembler ces
2 monstres sacrés fut dure pour Paul Anderson, qui,
à part un pourtant très bon « Event
Horizon », sest contenté jusque là
de pures commandes dHollywood avec Resident Evil ou
autre Mortal Kombat
Le problème de cet AVP (Alien Versus
Predator) est quon narrive pas à y voir
le moindre intérêt durant les 100 minutes du
film. Peut-être que cette durée était
un peu juste pour permettre le moindre développement
scénaristique ? En tout état de cause,
lennui est la seule constante dun film où
tout est prévisible. Un comble au regard du potentiel
quoffrait cet affrontement!
Mais voilà, les personnages sont dénués
de tout caractère (la pauvre Sanaa Lathan fait pâle
figure face à Sigourney Weaver dans la rôle de
la femme forte), et lespoir de voir leurs personnalités
ou leurs relations se développer au cours du film senvole
au même rythme élevé que le massacre des
uns et des autres.
Ce bain de sang (dont on nen voit dailleurs pas
la couleur) a lieu sans la moindre originalité: nombre
de scènes donnent une impression de déjà
vu, de même que les combats peu inspirés entre
les différents protagonistes.
Ces défauts ne sont pas rattrapés
par un suspense de tous les instants, qui aurait pu naître
de lidée pas sotte du tout dune pyramide
qui se métamorphose régulièrement, créant
et recréant galeries et pièges en tout genre
pour ses hôtes. Mais là non plus, Paul Anderson
ne donne pas vie à cette trouvaille.
Son erreur à ce niveau est peut-être aussi dû
au lieu choisi pour laction du film : le grand
froid polaire. Celui-ci ninspire quabsence de
vie et désolation, alors que cest bien la vie
qui doit faire peur aux aventuriers !
Autrement, ce qui constitue lune des
idées phare de la BD dont AVP est très clairement
inspiré (Alien Vs Predator éditions Dark
Horse France), est le lien que tisse peu à peu predators
et humains dans le combat quils mènent face à
leur enemi commun. Dans le film, cela se traduit par une scène
grotesque (et aberrante si lon se rappelle que le sang
alien est constitué dacide) où lhéroïne
utilise, après que lattentionné predator
leut coupé, la tête dun alien en
guise de bouclier ! On nen verra guère lutilité
par la suite
En bref, on ressort du film avec une sentiment
désagréable qui va bien au delà de la
déception et qui se rapproche beaucoup dune sensation
de trahison. Un film brouillon, ennuyant, peu inspiré,
plat et sans panache dans sa réalisation.