Deuxième épisode de la trilogie
initiée en 1968 par " the night of the living
dead " (la nuit des morts-vivants), " Zombie : dawn
of the dead " (Zombie) est une critique acerbe et désabusée
faite par le réalisateur, G. Romero, de la société
de consommation.
Le remake ouvertement annoncé de cette uvre culte
vient complètement vider le message initial de sa substance
en faisant du film un pur produit consommable, sans originalité
ni surprise. Reste une série B agréable à
suivre.
Tout d'abord, un petit rappel concernant la
fameuse trilogie de G. Romero: en 1968, le célèbre
réalisateur conçoit " la nuit des morts-vivants
" dans lequel plusieurs personnes se retrouvent enfermés
dans une demeure cernés par des zombies. Ce film viendra
dénoncer la discrimination raciale, la violence militaire,
le terrorisme d'état, sans omettre de souligner la
crise de la famille patriarcale que traverse cette époque.
10 ans plus tard, dans " Zombie ",
G. Romero s'attaque à la société de consommation
représentée par le centre commercial où
se réfugient les survivants des attaques des zombies,
alors que ces derniers encerclent le bâtiment par un
réflexe conditionné. Le centre apparaît
alors comme un monde où les produits et la consommation
sont tout aussi illimités qu'inutiles.
En 1985, avec " Dawn of the Dead "
(le jour des morts-vivants), G.Romero vient définitivement
terminer sa critique d'une société technologique,
déshumanisée et dirigée par la puissance
militaire, qui, incapable d'éradiquer le fléau,
tente alors de rééduquer les zombies.
Avec son remake du " Zombie " de
1978, Zack Snyder vient s'attaquer à un mythe qu'il
semble vouloir ignorer pour proposer un film d'action contemporain,
nerveux, avec des personnages pas forcément très
inspirés dans leurs actions, et des zombies complètement
survitaminés. Tout ceci peut s'avérer distrayant
dans l'absolu, mais aussi très irritant lorsque l'on
voit le film dont il s'inspire ! En effet, on s'aperçoit
très vite par la 1ère scène surexcitée,
violente, accompagnée d'importants effets spéciaux,
que ce film s'avère purement commercial, et occulte
quasiment toute dimension politique. Il devient lui-même
ce que le film de G. Romero voulait dénoncer : un pur
produit de consommation !
A ce titre, le film s'en sort plutôt
bien, encore faut-il supporter les réactions incompréhensibles
de certains personnages face aux évènements
qui surviennent (voir la scène de l'accouchement ou
celle du chien qui traverse le parking extérieur),
ce qui est malheureusement propre aux séries B.
De même, certains amateurs d'horreur sauront apprécier
ces zombies vraiment effrayants et dotés d'une force
et d'une rapidité (d'où les tirent-ils ?) qui
n'ont rien en commun avec celles des zombies lents et maladroits
de G.Romero.
A noter que si l'humour passe assez bien dans ce film, il
reste sans génie, et n'a d'autre but que celui de distraire
(ne vous attendez pas à une satire sociale
).
Au final, il faudra distinguer selon que l'on
se place face à une film de série B sans autre
prétention que de divertir, ou face à un remake,
raté, d'un film culte.