Klaspisch a ce mérite de rendre nostalgique
ses spectateurs. Auparavant avec 'Le Peril Jeune', il donnait
à toute une génération née trop
tard l'envie de vivre une époque déjà
révolue. Cette auberge espagnole permettra aux plus
vieux de voir ce qu'ils ont raté ou de se remémorer
ce qu'ils ont vécu.
Derrière une naïveté affichée, le
réalisateur touche du doigt des périodes importantes
de la vie qui ne durent jamais longtemps, mais qui sont extrêmement
riches.
Sans trop de temps morts, le film enchaîne une narration
qui va voir les personnages évoluer énormément.
Construit comme un film d'apprentissage, Xavier va progressivement
s'ouvrir pour finalement faire partie des meubles de cette
auberge. Les différents personnages qui gravitent sont
également hauts en couleur, même si on peut reprocher
à Klapisch d'utiliser les mêmes généralités
que celle qu'il fustige par l'intermédiaire d'un des
personnages : l'Allemand est effectivement plus rangé,
le Danois calme, l'Italien peu organisé, etc.
Malgré cela, l'alchimie se fait complètement,
et les deux 'relations' de Xavier (les étudiants, le
couple français) permet d'aborder les différentes
facettes de son personnage.
Ce qui marque dans ce film, comme dans les
précédents de Klapisch, c'est cette ambiance
si particulière que le réalisateur arrive à
imprimer sur la pellicule. Grâce à des acteurs
très justes (Romain Duris fidèle à lui
même, ainsi que de nombreuses trouvailles internationales)
et une bande originale excellente, l'auberge devient quasi
inoubliable.
Malgré une morale un peu didactique, mais logique,
nous avons droit à un film qui rend la jeunesse à
ceux qui l'ont perdu, au moins pour 2 heures. Un bonheur à
ne pas rater.