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l'affiche du film

l'histoire du film

Industriel megalomane, playboy ou producteur de cinéma, Howard Hughes a eu une vie mouvementée, alternant la grande vie et les crises émotionnelles.

 

 


On avait quitté Scorsese sur une déception. Son précédent film : Gangs of New York était effectivement très décevant et ce, malgré l'attachement affiché du réalisateur au projet.
Après l'histoire de New York, le réalisateur de 'Taxi Driver' s'attaque à un monument des Etats-Unis : Howard Hughes. Figure emblématique du cinéma (producteur du premier 'Scarface' de Howard Hawks) et industriel de génie, son mythe méritait bien une biopic.
Pourtant, c'est d'abord Michael Mann qui avait été pressenti pour réaliser le film, mais après 'Révelations' et 'Ali', le cinéaste préfera s'effacer au profit de Scorsese, sans doute momentanément lassé par les biographies.

Afin de camper le magna de l'aviation, Scorsese refait confiance à Leonardo di Caprio. Le rapport de fidélité entre l'acteur et le réalisateur semble rappeler le duo que ce dernier entretenait avec Robert De Niro et qui ont accouché de classiques tels que 'Mean Streets', 'Raging Bull' ou 'Les Affranchis'.
Pourtant, entre De Niro et Di Caprio, le niveau de talent est loin d'être comparable. Son rôle de gavroche new yorkais vengeur n'avait en effet pas convaincu dans 'Gangs of New York', mais cela n'empêche pas Scorsese d'en faire son Howard Hughes. Il s'agit sans doute de la plus grande erreur de casting et, au final, du film.
Son interprétation, très inégale, a plutôt tendance à énerver, mais c'est surtout son manque de charisme (à quelques scènes exceptées) qui fait défaut à ce héros bigger than life.

Cependant, il serait bien dommage de snober cet 'Aviator' car malgré l'interprétation contestable de l'acteur principal, il s'agit d'un bon Scorsese... presqu'une renaissance.
Cet exercice de style permet en effet au réalisateur d'y mettre sa patte et de s'approprier cette histoire assez étonnante et typiquement américaine, d'un héros qui alternera les bravoures incroyables et la déchéance. Cette personnalité à multiples facettes est plutôt bien décrite, au travers de ses manies, de l'évolution de ses tics, abordant ainsi de front l'opposition d'image de cet homme d'affaire incroyable et ambitieux mais cédant parfois à des crises incontrôlables.

La maestria cinéaste apparaît bien à l'écran, nous proposant quelques scènes somptueuses. Un effort tout particulier a été accordé au choix des couleurs, cherchant ainsi à retransmettre l'atmosphère de l'avant guerre. Ainsi apparaissent, comme par magie les Katharine Hepburn et Ava Gardner, dans une atmosphère presque magique. Scorsese les fait définitivement vivre à l'écran dans cette fresque imposante.

Scorsese marque donc son retour avec une biographie suffisamment prenante et riche pour faire passer les 165 minutes sans réelle longueur. On espère qu'il s'agit là d'un réel retour au premier plan pour le réalisateur ultra-talentueux et non son chant du cygne. Vivement la confirmation de ce regain de forme.