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l'affiche du film

l'histoire du film

Comment un homme seul peut-il changer le monde ? Telle est la question qui hante Bruce Wayne depuis cette nuit tragique où ses parents furent abattus sous ses yeux, dans une ruelle de Gotham City. Torturé par un profond sentiment de colère et de culpabilité, le jeune héritier de cette richissime famille fuit Gotham pour un long et discret voyage à travers le monde. Durant cette quête, Bruce est bientôt invité à rejoindre la Ligue des Ombres, une puissante organisation subversive, adepte d'une justice expéditive, que dirige l'énigmatique Ra’s Al Ghul.

 

 


DOyé, Oyé, le «Batman » nouveau est arrivé. Concocté à quatre bras par David S. Goyer et Christopher Nolan, cette cuvée 2005 des aventures du « Caped Cruiser » s’avère beaucoup plus plaisante (pas trop dur…) que les immondes épisodes fluos et body-buildés de Joël Schumacher. Loin de l’univers onirique et décalé d’un Tim Burton, « Batman Begins » prêche plutôt le réalisme. Une belle réussite qui fait un très bon premier épisode. En attendant la trilogie d’ores et déjà promise par Goyer.

Ne nous y trompons pas, lorsque le projet d’un nouveau volet de « Batman » tombe dans l’escarcelle du réalisateur de « Memento », ce n’est pas un mais trois films que lui et son comparse David S. Goyer promettent aux pontes de la Warner. Sorti d’un long development hell qui l’handicapait depuis quelques années, le projet « Batman Begins » sort enfin sur les écrans et il achève de placer Goyer comme un indispensable atout en terme d’adaptations de Comics. Warner a fait appel à lui pour redorer le blason des DC Comics après les retentissants échecs de « Catwoman » ou « Elektra ». Face à l’éternel concurrent Marvel, Warner agit prudemment et lui pique LE scénariste qui a mené au sommet du Box-Office la licence « Blade ». Goyer est même allé jusqu’à sacrifier le dernier épisode de cette saga afin de travailler sur le script du nouveau « Batman », un projet qui trouve éminemment grace à ses yeux.

La Warner fait un pari plutôt risqué en confiant les rennes du film au britannique Christopher Nolan. L’esthète cinéaste coupable du meilleur avec « Following » ou du moins bien avec « Insomnia » (déjà pour le compte de la Warner) ne cache jamais ses ambitions. En voulant éviter la redite, il dit vouloir donner au film un réalisme accru par rapport aux épisodes précédents. Et vu le résultat final, Nolan remplit complètement les objectifs qu’il s’était fixé. Pour commencer, et dans un souci de logique, Nolan choisit pour la première fois depuis les débuts du « Caped Cruiser » de mettre en image les premiers pas de Bruce Wayne dans la peau de « Batman ». Même les BD ne racontaient qu’au travers de quelques flash-back cette naissance.

Nolan revient aux sources du personnage créé par Bob Kane en racontant sa rédemption en Asie. Au lendemain du meurtre de ses parents, le petit Bruce Wayne choisit d’aller combattre les criminels à l’autre bout du monde. Nolan dépeint un futur « Batman » violent, aggresif et assoiffé de vengeance. Après une première déconvenue à Gotham face à la mafia locale, il se rend au monastère de Ra’s Al Ghul afin d’y recevoir son enseignement. Il en revient plus déterminé que jamais à combattre le crime et la pègre. Seul le chef de la police de Gotham croit alors en lui.

L’intrigue de ce nouveau « Batman » repose sur un pitch assez basique qui possède l’énorme avantage de mettre à plat tout ce qui a été fait précédemmenent. Il devient ainsi impossible de comparer cet épisode avec les précédents. Christian Bale en « Caped Cruiser » est tout simplement magistral et prouve s’il était encore besoin toute l’étendue de son talent. Il donne enfin au personnage cet aspect sombre et torturé qui manquait aux précédents interprètes. D’ailleurs Nolan compose un « Batman » très proche de la vision de Frank Miller. La figure du parfait anti-héros naviguant sans cesse entre le bien et le mal au gré de ses humeurs et de ses changements d’identités. Une dualité qui revêt un caractère schyzophrène presque obsessionnel rendant opaque parfois le but visé par l’homme chauve-souris. Ses tourments intérieurs confèrent à « Batman » une véritable personnalité. Toujours dans le doute et dans la remise en question, « Batman » n’en paraît que plus humain. Une démarche qui n’est pas sans rappeler le travail de Sam Raimi sur « Spiderman ». Redonner de l’humanité à un archétype pour remporter l’adhésion du public. Et ça marche plutôt bien.

Esthétiquement ce nouvel épisode du « Caped Cruiser » s’éloigne beaucoup des adaptations précédentes. Avec ses trains suspendus, sa banlieue bidonville et sa pluie quasi-permanente, Gotham donne l’image d’une mégalopole à multiple visages parfois proche de la vision de Ridley Scott dans « Blade Runner ». Nolan est très à l’aise dans les verticales ou dans les scènes de dialogue. Seuls les combats, un peu brouillons parfois, tirent le film vers le bas. La batmobile char d’assault est plutôt réussie et les scènes de poursuites très réalistes. Le film, qui fait beaucoup appel aux maquettes « à l’ancienne », possède ainsi une véritable identité.

Ce « Batman Begins » n’est certainement pas l’aboutissement ultime de la franchise. Nolan s’avèrant plus ou moins à l’aise à filmer le « Caped Cruiser ». Mais ce nouvel élan donné à la saga est très prometteur. Visuellement très réussi, le film tient aussi toutes ses promesses côté méchants avec l’excellent Cillian Murphy dans le rôle de l’épouvantail. Finalement cet épisode et sa fin « To be continued » constitue un excellent amuse-gueule. Espérons que la suite ne fasse pas regretter ce premier épisode.