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l'affiche du film

l'histoire du film

Dans un futur proche au Japon, le chômage atteint des niveaux inégalés, les jeunes sèchent les cours et n'ont plus aucun respect pour leurs aînés. Pour remédier à cela, le gouvernement décide d'établir un jeu : une classe de lycéens choisie au hasard est conduite sur une île déserte. Le jeu dure trois jours, il ne pourra en rester qu'un et les armes sont gracieusement fournies par la maison.

 

 


La violence n'est pas un élément absolument négatif à partir du moment où elle est utilisée à profit : par exemple pour faire passer un message où même pour se défouler après une dure journée. Le problème, c'est que "Battle Royale" ne permet ni l'un ni l'autre : le film n'est qu'un étalage de bestialité pure, néfaste et linéaire qui, naviguant entre deux eaux, ne permet ni défoulement, ni réflexion. Pire, le message renvoyé traduit (et ne condamne pas !) un état d'esprit japonais qu'on imaginait en voie de disparition.

La situation de départ est excessivement violente : des adolescents innocents choisis au hasard "parce que la société va mal" sont isolés et condamnés à s'entretuer pour survivre. Avec un tel postulat, le réalisateur jouait déjà sur la corde raide : une telle agression visuelle ne peut pas être gratuite et doit sous-entendre un message fort (on pense à Haneke). Où alors le film est simplement voué à amuser le côté sadique du spectateur et là c'est carrément dramatique, autant légaliser directement le Snuff movie.

Or ici, plutôt que d'entamer une réflexion à peu près intelligente, le réalisateur préfère se vautrer dans une histoire bancale qui fait à la fois dans la complaisance et la moralité vaseuse. Pire, on est amené à se demander si le réalisateur n'est pas en train d'étaler une idéologie néfaste qui prône la violence comme seule solution à la survie dans un monde où les règles sont tronquées d'avance. Ca rejoint la culture japonaise dans ce qu'elle a de plus néfaste mais ça ne semble pas la condamner un seul instant ! Si le réalisateur se contente de faire au travers de "Battle Royale" une critique du jeu TV "Survivors" alors c'est réussi. Mais s'il s'agit d'un film destiné à faire se remuer la jeunesse japonaise (comme le réalisateur lui-même l'a dit), on est proche de l'idéologie barbare d'une certaine époque…

Le fond est nauséabond mais la forme n'est pas meilleure. Le scénario répétitif plonge le spectateur dans une suite de séquences violentes et sans vie où les adolescents étalent leurs idylles respectives. On ne sait plus ce que l'on regarde : un film d'action romantique, un drame trash, une comédie farfelue ? Toujours est-il que le mélange des genres fait perdre énormément en efficacité alors que les effets de mise en scènes effraient par leur lourdeur : décompte des morts, sous-titres isolés moralisateurs, musiques de chambre façon Kubrick (n'osons même pas la comparaison avec "Orange Mécanique"). La pâleur de tels procédés aura au moins le mérite de faire ressortir la complaisance inhérente aux images.

N'étant pas particulièrement réfractaire à la violence dans les films, je m'attendais à voir avec "Battle Royale" un film intelligent et mesuré. Il n'en est rien : l'œuvre est une médiocre provocation aux objectifs malsains et aux propos subversifs à mille lieux d'être jubilatoire. Un film inutile qui se contente de faire dans la mauvaise surenchère.