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l'affiche du film

l'histoire du film

Lisa, trentaine magnifique, mène une vie paisible avec sa grand-mère dans son studio parisien jusqu'au jour ou un fantôme arrivé d'Égypte décide d'emménager en face de chez elle, au Louvre. Un soir, saisie par un élan de romantisme, elle s'envole visiter l'aile archéologique du musée en compagnie de Martin, un électricien qu'elle a rencontré au détour d'une panne. Depuis cette nuit, Lisa n'est plus la même...

 

 


Jean-Pierre Salomé signe donc aujourd'hui l'adaptation cinématographique de la série à succès de 1965, elle-même adaptée d'un film de 1926; la boucle est bouclée. Si la trame de la version pour le petit-écran suivait celle d'un thriller angoissant avec une interrogation centrale ("Qui se cache derrière le masque de Belphégor ?"), la version moderne n'a pas du tout l'objectif d'entretenir ce même suspense. Il aurait été en effet très difficile au format continue du long-métrage de lutter contre 13 rendez-vous hebdomadaires de 26 minutes sur l'approche scénaristique du "Qui est Qui ?". Avec une affiche pouvant se résumer à "Sophie Marceau dans Belphégor", l'association est évidente pour le spectateur.

La bonne idée de J-P Salomé a donc été de déplacer l'angoisse propre à la série vers une thématique moins sérieuse et faire ainsi un cocktail de film d'aventure (le Louvre de nuit, archéologie, humour second degré), de thriller ("quels sont les origines et le but de Belphégor?"), de surnaturel (la momie fantôme, pouvoir hors norme), le tout accompagné par un casting de star, un thème musical omniprésent, et des effets spéciaux. Ce mélange inhabituel dans le cinéma français atteint son objectif d'être un divertissement et reste globalement réussi même si le scénario aurait pu être plus appuyé (partie thriller plus dynamique et mieux intégrée dans le film) et certains clichés évités (notamment la première scène).

Il est suffisamment rare de voir ce genre de cinéma développé en France qu'il nous faut saluer cette initiative du réalisateur J-P Salomé, dont c'est ici le deuxième film, et du producteur Alain Sarde. Merci à tous ceux qui prennent des risques pour multiplier les expériences...

 

 


Le cinéma français s'inspire de son homologue américain en nous proposant cette adaptation d'une série "culte" des années soixante. Seulement voilà, celle-ci sent à plein nez la production calibrée pour faire un grand succès auprès du plus large public possible, au détriment de la qualité.

Il n'y a qu'à voir les naïfs mouvements ininterrompus de la caméra dont le seul effet est de faire ressortir la platitude de la réalisation et du récit. En gros, au bout d'une petite vingtaine de minutes, le scénario nous a livré à peu près toute son originalité. Le reste ne se limitera qu'à une succession de scènes prévisibles et attendues.

Pourtant, on pouvait mettre au crédit du film certains atouts réels : la musique envoûtante, la mise en valeur du musée du Louvre ou encore la prestation de certains acteurs (Diefenthal réussit à donner un peu de relief à l'histoire). Mais c'est bien peu de chose face à l'ennui qui se dégage de l'ensemble du film.

Si la qualité artistique de "Belphégor" peut se discuter, on ne peut que saluer le désir de plus en plus fort du cinéma français de devenir populaire. En d'autres termes, ce genre de film se vendra sûrement très bien sur le marché international, ce qui est déjà bien.