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l'affiche du film

l'histoire du film

De nos jours, un père raconte à son fils mille et une histoires qui lui sont soi-disant arrivées dans sa vie. L'homme est si bavard et ses histoires si extravagantes que son fils finit par ne plus le croire et le considérer comme un simple mythomane perdu dans son monde.

 

 


Tim Burton a bâti sa réputation sur son incroyable capacité à recréer des univers mythiques. Ce film reprend donc un thème qui lui est cher puisqu'il présente un homme qui trouve son épanouissement dans les histoires fantastiques qu'il raconte à son entourage.

Dès les premières séquences, "Big Fish" s'annonce sans détour comme un film à histoires, à tiroirs diront peut-être les plus récalcitrants. Tim Burton enfile les séquences féeriques comme on enfile des perles, avec cette étrange assurance que cela marche. Avec un brin de naïveté, c'est la tête la première que l'on plonge dans ces univers colorés, enfantins, qui nous permettent de nous évader de la grisaille du monde réel. La vieille sorcière, la forêt hantée qui donne accès au paradis perdu, ou encore le géant qui terrorise la ville sont autant d'idées simples mais magistralement mises en scène qui donnent une bonne partie de sa force au film.

Mais malgré ses qualités, "Big Fish" ne possède pas la maîtrise d'un "Sleepy Hollow". Pris dans son intégralité, le scénario qui présente la vie du héros à la façon de "Forrest Gump" s'avère trop linéaire. Il mise sur l'originalité des situations et le soin apporté aux ambiances au détriment d'une véritable progression dans la vie d'un héros à qui tout semble sourire. De la même façon, le retour à la réalité fait trop souvent tomber le spectateur de haut. Dans cette réalité très sociale, il ne se passe rien, aucun fait intéressant… On n'y trouve qu'un père malade qui divague et qu'un fils dubitatif. C'est trop léger en comparaison de l'"autre" univers qui nous réserve tant de surprises.

C'est dans sa dernière partie, après un moment de flottement durant lequel le réalisateur commence à avoir fait le tour de ses personnages, que le film reprend du poil de la bête. Tim Burton y expose sa réflexion sur le pouvoir du mythe pour affronter la réalité, tout en utilisant à bon escient ses mécanismes. Dans cette logique, la métaphore du "gros poisson" est superbe et très efficace. L'émotion prend alors enfin le pas sur la féerie et le pont entre réalité et conte est magistralement établi.

On ne nous aura pas menti, le "vrai" Tim Burton est donc de retour avec "Big Fish". Le film a été taillé à sa mesure et on y plonge avec un réel plaisir malgré quelques paresses formelles que l'on pardonne facilement. Cela reste du grand cinéma d'évasion qui nous est ici proposé.