Malgré sa courte carrière en
long métrage, le jeune réalisateur Jan Kounen
a tout de même réussi à se faire un nom
et à fédérer des groupes de fans et d'antis
relativement importants. Tout cela grâce (ou à
cause) à Dobermann, film-bd excessif et jouissif.
Passionné de cinéma, il s'est jeté à
corps perdu dans l'adaptation, détachée dirons-nous,
de la bande-dessinnée 'Blueberry'.
Tombé amoureux de la culture
chamane lors des repérages pour le film, Kounen nous
propose aujourd'hui un film teinté de cette passion,
ce qui fait de Blueberry un western vraiment pas comme les
autres.
Avec un casting international haut en couleur
(Vincent Cassel, Michael Madsen, Juliette Lewis, etc.) et
des décors sublimes, Kounen met en place l'histoire
dans une atmosphère connue de l'univers collectif.
Dans cette petite ville le Marshall fait régner la
loi avec un charisme naturel.
Tout en anglais, les dialogues alternent le bon et le moins
bon. Non que les acteurs soient mauvais, loin de là,
mais l'écriture semble parfois un peu fausse.
Sans beaucoup de scènes d'action, 'Blueberry'
joue donc la carte spirituelle, préférant ainsi
aborder l'initiation chamanique d'assez près. Peu de
discours cependant, mais plus un désir de ressenti
qui se manifeste à l'écran par des scènes
en images de synthèse visant à faire partager
au public l'état du Marshall. Pari osé et malheureusement
pas complètement réussi. Les images font très
métalliques et trop informatiques pour paraître
juste. Le côté charnel et viscéral d'une
telle transe n'est pas très bien représenté
et on a plus l'impression de voyager dans un disque dur que
dans la conscience d'un personnage.
Film très personnel, Blueberry pourra
attirer ou laisser froid. Qu'on adhère ou non aux voyages
intérieurs, on retiendra cependant quelques belles
scènes et des paysages sublimes à voir impérativement
sur un grand écran.
Les amateurs de western classiques n'y trouveront peut-être
pas leur compte, mais finalement, on sort intrigué
par ce voyage de Kounen, ce qui n'est déjà pas
si mal.