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l'affiche du film

l'histoire du film

Aix-en-Provence. Christian Lespinglet tient une petite gallerie de peintures au bord de la faillite. Le jour où il sauve Boudu, un SDF prêt à se noyer dans un canal, sa vie va être chamboulée. Pour le plus grand bonheur de sa femme, Yseult, hypocondriaque notoire, qui va s’attacher à ce nouvel arrivant un peu collant.

 

 


Un petit film sympathique et sans prétention, voilà comment on pourrait définir le dernier long-métrage de Gérard Jugnot. Alors certes, on a vu bien mieux venant de lui (l’excellent « Monsieur Batignole » par exemple) mais ce remake d’un classique du cinéma français remplit bien son rôle. À savoir nous faire rire sans interruption (ou presque) pendant une 1H45. On aurait même un peu honte de rire à de pareils bêtises, mais avouons-le, Gérard Jugnot a su titiller avec efficacité nos zygomatiques. Est-ce suffisant ?

Ce « Boudu » cuvée 2005 est le remake d’un classique du cinéma français, à savoir « Boudu sauvé des eaux » réalisé en 1932 (sic) par Jean Renoir avec Michel Simon dans le rôle du clochard. Toucher à l’une des perles de notre patrimoine cinématographique était un défi on ne peut plus risqué et Gérard Jugnot l’a relevé à bras le corps. Sans jamais chercher à établir un parallèle avec son modèle, Boudu 2005 se contente de réactualiser le pitch du film de Renoir. À savoir le sauvetage d’un SDF (Gérard Depardieu) par un certain Christian Lespinglet (Gérard Jugnot), un bo-bo propre sur lui et galériste de profession. Il se serait bien passé de le sauver mais sa secrétaire le pousse à la tâche. Une fois au sec et rassasié, « Boudu » va tout faire pour s’incruster. Péteur, râleur et souvent obscène, il ne recule devant rien et mène la vie dure à Christian et sa femme Yseult (Catherine Frot), une hypocondriaque à grosses lunettes noires qui va tout faire pour protéger ce nouvel arrivant.

Par rapport au « Boudu » de Renoir, celui imaginé par Gérard Jugnot est certainement plus lisse et dénué de noirceur. Gérard Depardieu ne lui ôte pas pour autant son humanité. Attachant et bourru, il est à n’en pas douter la meilleure surprise du film. Les autres acteurs ne sont pas en reste. Avec Jean-Paul Rouve dans le rôle d’un artiste peintre totalement has been, la délicieuse Constance Dollé dans le rôle de Coralie, maîtresse du patron et qui contre toute attente, va s’attacher à ce « Boudu » sauvé des eaux. Gérard Jugnot et Catherine Frot sont plutôt convaincants dans leurs rôles de petits bourgeois.

Tous les poncifs de la comédie familiale bon enfant sont réunis. Un humour pipi-caca mais pas trop quand même pour ne pas choquer le jeune public, un peu de chorale par-ci pour la bande-son ainsi qu’un zeste de bonne morale par-là. Il faut aider son prochain, ne pas penser qu’à soi, enfin tout ce que nous ressert le cinéma populaire français depuis x années. Pourtant, le film ne tire pas en longueur et l’humour fonctionne plutôt bien. Alors au lieu d’enfoncer le film comme tant d’autres s’en chargeront avec plein de bonne volonté (non je ne citerai personne), et bien avouons simplement que vous ne devriez pas vous ennuyer devant « Boudu ».

On pourrait ressasser l’éternel débat du cinéma français qui « téléfilm » beaucoup ces temps-ci (« Les Choristes » pour n’en citer qu’un). On pourrait aussi parler de l’opportunisme d’un Gérard Jugnot qui sait utiliser les recettes des succès précédents pour faire, à moindre frais, un film qui devrait cartonner. En fait la balle est dans ton camp cher public. Tu ne bailleras point et tu rigoleras bien devant ce « Boudu »-là. Maintenant c’est à toi de voir si c’est le type de cinéma que tu veux sur grand écran. Tant que ce genre de films trouvera son public, nos producteurs ne se priveront pas de nous abreuver de ces petits B. Bon moi je me suis quand même bien marré. Mais bon, j’ai un peu honte…