Grand Prix du Festival de Cannes 2005, 'Broken Flowers' de Jim Jarmusch avait fait forte impression et était clairement attendu comme le film de la rentrée.
Si la filmographie du grand Jim est plutôt éclectique, elle garde un goût avéré pour le choix d'une sobriété esthétique et sonore.
Qu'il s'agisse de 'Coffee anc Cigarettes' ou 'Ghost Dog', le réalisateur a une vraie patte visuelle et s'accompagne toujours d'une bande son de grande qualité.
Ce 'Broken Flowers' tourne clairement autour du personnage de Bill Murray qui entame un road trip pour découvrir un hypothétique enfant. Jarmusch en profite pour dresser quelques protraits multi-facettes et assez profonds.
L'acteur est comme un poisson dans l'eau, dans un rôle finalement assez proche du sien dans 'Lost in Translation', entre cynisme et espoir, nostalgie et résignation.
L'humour distillé par petites touches se fait discret, mais donne au film tout son charme. Ces personnages sont tous trop vrais pour être imagnés mais gardent un je ne sais quoi d'irrationnel, offrant du coup, un champ d'action formidable au réalisateur pour faire avancer son héros funambule, ne sachant lui même pas où il va.
Jarmusch signe donc un film fin, sobre et très élégant, comme à son habitude. Il offre une nouvelle fois l'opportunité à ses acteurs de développer une vraie performance, tout en lenteur et en détails. On se régale tout en se laissant porter un peu à la dérive, en même temps que le personnage.