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4 -Le rôle de HAL

HAL 9000, le super-ordinateur qui accompagne les astronautes dans leur recherche de l'inconnu, constitue une véritable réflexion dans la réflexion, une sorte d' a parte auquel tenait Kubrick, que certains ont sévèrement critiqué à la sortie du film. Il est vrai que Kubrick développe là un raisonnement sur les rapports entre l'homme et la machine en léger décalage avec le reste de l'histoire.

HAL 9000 signifie simplement "Heuristic Algorithmic" pour Kubrick qui a toujours réfuté la référence, pourtant judicieuse à IBM (les trois lettres suivantes H, A et L). HAL est présenté comme l'ordinateur le plus intelligent au monde dans le film. Il n'est jamais représenté que par un œil mais occupe pourtant clairement le deuxième rôle dans le film.

Ses réactions s'apparentent à celles d'un être humain au point d'en être parfois touchant. Lui aussi percoit quelque chose de troublant à l'approche du monolithe, quelque chose qui va profondément changer son comportement, au point de devenir dangereux.

La scène de la mort de HAL reste une des séquences d'anthologie du film tant du point de vue esthétique que du point de la réfléxion qu'elle inspire. HAL y apparaît comme un être humain qui demande grâce alors que visuellement il n'existe qu'au travers de fiches qui sont débrancher lentement une par une.

5- Une esthétique à toute épreuve

Nous avons principalement évoqué jusqu'ici l'intrigue du film. Bien qu'il ne soit pas forcément prudent d'analyser séparément les deux aspects, intéressons nous maintenant à son aspect esthétique. Il est clair que la réalisation de Kubrick fait preuve d'une originalité sans précédent dans le cinéma.

On rappellera bien évidemment la virtuosité avec laquelle est mise en scène la gravité avec ces séquences sens dessus-dessous qui nous rappellent constamment l'environnement magique dans lequel évolue les personnages. Le spectateur est invité à effectuer un voyage lyrique dans l'espace, on a réellement parfois l'impression d'assister, au travers de ces scènes et de la bande originale les accompagnant, à un ballet ayant pour toile de fond l'espace.

Cet environnement spatiale, caractérisé par des décors qui symbolisent le future selon Kubrick, est cependant d'une rare froideur. Tout est blanc, pâle et sans aucune identité. L'homme semble s'être habitué à dominer la nature, certains évènements seront d'ailleurs là pour lui rappeler que ce n'est pas le cas.

Cette vision s'oppose, d'une part, à celle du passé ou les anthropoïdes évoluent dans des paysages aux couleurs chaleureuses qui attendent d'être conquis et, d'autres part, aux nombreux plans de l'espace durant lesquels Kubrick aime s'attarder. Rappelons que le réalisateur se passionnait pour l'astronomie, ce qui transparaît largement au travers de son oeuvre qui s'attarde aussi bien sur une éclipse que sur les Lunes de Jupiter.

L'occasion de rappeler l'importance de la bande originale du film qui se marie parfaitement avec chacune des séquences qu'elle illustre. Citons "Le Beau Danube bleu" de Johann Strauss, "Atmospheres", "Lux Aeterna" et "Requiem" de Giorgy Ligeti, ou bien sur "Ainsi Parlait Zarathoustra" de Richard Strauss. Autant d'airs qui ont participé à faire de "2001…" cette expérience intensément subjective qu'elle est devenu.

Enfin, la séquence du voyage psychédélique vers Jupiter fait preuve d'une originalité presque insolente. Ce non-conformisme valut à l'époque de sévères critiques de la part de certains observateurs qui n'hésitèrent pas à comparer ces quelques minutes, à tort ou à raison, à un hommage au LSD, alors très en vogue au sein de l'élite intellectuelle.

VI - Les retombées du film (succès, place dans le cinéma fantastique, le film aujourd'hui (critique))

"2001…" marque tout d'abord le point de départ d'une nouvelle forme de cinéma fantastique. Les cinéphiles avertis n'hésitent d'ailleurs pas à dire qu'il y a eu l'avant et l'après 2001. Une sorte de conquète spatiale du cinéma qui a donné naissance à une liste impressionnante de films de plus moins bonne qualité.

Le dernier en date étant certainement "Mission to Mars" de Brian De Palma qui a clairement échoué dans sa tentative honorable de faire du "grand" cinéma fantastique. Au contraire de l'idée recu, L'adaptation cinéma de la nouvelle "The Sentinel" n'est pas sortie de l'esprit de Kubrick et de Clarke de façon parfaitement délimitée et structurée.

Le scénario trotta dans la tête du réalisateur pendant 10 ans avant de faire l'objet d'une véritable première version écrite qui envisageait un certain nombre de scènes s'opposant complètement à la version finale présentée, notamment dans l'interprétation du monolithe pour lequel une manifestation extra-terrestre supérieure à l'homme avait été envisagée. Rappelons qu'à sa sortie, le film ne rencontra un véritable succès ni auprès de la critique, à cause de laquelle le réalisateur se sentit obliger de faire certaines coupes, ni auprès du public (voir plus haut).

Cependant, aujourd'hui, le temps aidant, le film apparaît aux yeux de tous comme un chef-d'oeuvre du cinéma fantastique. Au point qu'il fait aujourd'hui, en 2001, l'objet d'une ressortie internationale, en version restaurée et integrale, et dans un circuit restreint de salles.

Un retour en grâce qui n'est que justice. Le film a fait l'objet d'une suite tardive (1984) nommée "2010" (d'après la suite de Clarke) que Kubrick a autorisé par amitié pour le réalisateur Peter Hyams.

Celle-ci est considérée comme une suite de bonne qualité bien que faisant pâle figure face à son prédécesseur. La solution proposée à la problématique posée dans le premier opus a notamment, pour certains, été bâclée.

Guillaume

Bibliographie :
"Le cinéma fantastique", Patrick Brion, Edition de La Martinière.
"Les films Cultes", Alain Riou, Edition du Chêne.
"Encyclopédie", Edition Larousse.
"2001 l'Odyssée de l'Espace", A.C. Clarke, Edition "J'ai Lu".

Webographie :
http://www.kubrick2001.com/
http://www.modemac.com/2001/
http://www.imdb.com
http://perso.infonie.fr/edwood/2001.htm
http://www.multimania.com/alexmurphy/2001.html