| Après avoir longtemps erré dans
les salles de cinéma, Olivier Ciappa décide de quitter
Tahiti à 17 ans en ayant pour objectif de réaliser
ses propres films. Il profite ensuite de quelques années
de galère pour faire connaissance avec la faune parisienne
où il finit par s'établir à Chatelet. Il
réalise alors à quelques mois d'intervalle deux
court-métrages aux univers radicalement différents
mais qui reflètent bien la préférence du
réalisateur pour un cinéma de divertissement et
d'évasion.
Il finançe lui-même son premier
court-métrage intitulé "Le fabuleux destin
de Perrine Martin" qui connut un réel succés
public et critique. Comme son titre l'indique, le film profite
alors de la vague, certes un peu teintée d'hystérie
d'Amélie Poulain, en proposant une parodie grinçante
de l'uvre de Jean-Pierre Jeunet. Les bonnes vieilles recettes
au glucose du film original sont ainsi reprises et passées
au vitriol; On découvre assez vite que cette chère
Perrine Martin ne changera, elle, pas grand chose à notre
vie.

Même si le film est malheureusement très
court, la mise en scène de Bouboule (pardon, Perrine
Martin) évoluant dans la grisaille parisienne, et prenant
une gifle chaque fois qu'elle tente de faire une bonne action,
apparaît très efficace. La pauvre fille au visage
de boulangère s'en prend tellement plein la tête
qu'on en vient à ressentir une étrange compassion
malgré la très grande bêtise qu'elle dégage
! Cette fois, c'est donc bien ce qu'il y a de plus corrosif
chez le spectateur que Ciappa a tenté de faire ressortir...
Ce dernier ayant redécouvert Paris au travers de l'il
d'Amélie a sans doute beaucoup ri lorsqu'il s'est mis
à comparer le bleu de son océan tahitien avec
celui du véritable bitume parisien !
Cette parodie se démarque donc par des
gags de situation efficaces et un scénario plein de rebondissements
(mais au sens physique du terme). Au final, "Le fabuleux
destin de Perrine Martin" arrive haut la main à
ses fins en décrédibilisant sans réelle
méchanceté le pouvoir de cette chere Amélie
(la vraie cette fois).
Le second court-métrage du réalisateur
intitulé "Le Cas d'O" a été
tourné peu après "Le fabuleux destin de Perrine
Martin" et produit par AntiProd. C'est le genre de l'épouvante
qui fut, cette fois, choisi par le réalisateur. Le film
présente ainsi deux jeunes hommes qui vont acquérir
une statuette sans réellement prendre au sérieux
la malédiction qu'elle porte en elle.

Après un tournage qui connut quelques
galères et de grosses restrictions budgétaires,
le film a rencontré des succès divers. Nombreux
sont ceux qui lui ont repproché un scénario et
une interprétation insuffisamment aboutis alors que la
maison de production elle-même affirma qu'il existait
bel et bien un noyau d'irréductibles fans du film.
Malgré une interprétation et un
scénario effectivement conventionnels, le film reste
techniquement soigné, une jolie prouesse tant on sait
que les délicats rouages du genre souffrent de la moindre
imperfection. La force du "Cas d'O" réside
surtout dans son ambiance sonore et visuelle plutôt efficace
: ainsi bien que le film ait du mal à trouver son équilibre,
le travail qui a été effectué en amont
apparaît bel et bien à l'écran. Passionné
par la technologie du son et de l'image, Ciappa a exigé
la présence d'une piste son DTS particulièrement
efficace sur son court.
Au final et pour un second métrage, le résultat
n'est deja pas si mal.
En 2004, Olivier Ciappa se tourne encore une
fois vers un nouveau genre puisqu'il prépare une comédie
musicale en collaboration avec Patrick Maurin. Celle-ci met
en scène quelques princesses castées pour pouvoir
embrasser le prince charmant évidemment transformé
en crapeau. Un univers dans lequel le réalisateur avoue
se retrouver avec un réel plaisir.
Les courts métrages d'Olivier Ciappa
: 'Le Fabuleux Destin de Perrine Martin' et 'Le Cas d'O' sont
disponibles dans la compilation de courts métrages 'Courts
mais gay vol.6'.


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