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Nous attirons l'attention du lecteur sur le
fait que ce dossier contient un certain nombre de "révélations"
sur certains films comme "Le bal des Vampires" ou
"Le retour des morts vivants" : vous êtes prévenus
!
Guillaume
Plan :
Introduction.
I - Les grands classiques.
A - Zoom sur "Le bal des Vampires".
B
- Zoom sur "Le retour des morts-vivants".
C
- Zoom sur "Creepshow".
II
- L'ère moderne du cinéma d'horreur.
A-
Le grand-guignol.
B
- La grande vague des années 80.
C-
2000 : A la recherche d'un genre perdu.
Conclusion.
Introduction :
Pendant toute la première moitié
du XXème siècle, les réalisateurs se sont
montrés frileux face au genre noble de la comédie
d'épouvante. L'humour noir, relativement choquant à
l'époque, n'était employé qu'avec des pincettes
et le "cinématographiquement correct" imposait
une séparation des genres relativement stricte. Il y
avait bien çà et là quelques films d'épouvante
qui dédramatisaient la situation en ajoutant une pointe
d'humour au moment adéquate, mais rien de très
sérieux
Si bien que des comédies d'épouvante comme "The
Cat and the Canary" (1927 de Paul Leni, remake d'Elliot
Nugent en 1939) ou encore "Abbot and Costello Meet Frankenstein"
(1948) apparaissaient bien seules dans le paysage
Puis,
le cinéma s'est décoincé. Roger Corman
proposa un mélange astucieux des genres en 1960 avec
"la petite boutique des horreurs" et un budget de
30 000$. Roman Polanski ouvrit définitivement la voie
en 1968 avec son magistral "Bal des Vampires". On
comprit qu'avec un zeste de maîtrise, le jonglage entre
les deux genres opposés du comique et de l'épouvante
pouvait donner quelque chose d'efficace. On se rendit compte
qu'une telle association créait des situations dans lesquelles
le comique devenait inquiétant et les moments d'angoisse
encore plus terrifiants ! "Rosemary's baby", "Creepshow",
"Freddy, Les griffes de la nuit", "Le loup-Garou
de Londres"
On ne compte plus les films qui, à
partir de cette époque, ont su exploiter le
Ou
plutôt si, comptons-les !
I - Les grands classiques :
A - Zoom sur "Le bal des Vampires"
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S'il faut commencer le dossier par un
film, ce sera celui-là ! Comment résister
à l'histoire de ce professeur Abronsius, éminent
scientifique anglais, et son apprenti, Alfred, qui décident
de se rendre en Transylvanie pour enquêter sur de
mystérieux meurtres. Les victimes y sont retrouvées
vidées de leur sang, deux trous béants au
creux du cou ! Très vite, les deux individus découvrent
un château qui n'est rien d'autre que la demeure
du seigneur de la région.
" Le bal des Vampires " demeure
incontestablement l'un des chefs-d'uvre du cinéma
d'épouvante. On peut même dire que c'est
avec cette comédie glaciale que le tout jeune Roman
Polanski a acquis ses lettres de noblesse.
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La recette ne semble pourtant, à première
vue, pas bien difficile : vous prenez un savant à demi-fou
et un jeune étudiant peureux et d'une naïveté
touchante, vous les faites voyager jusqu'au cur d'une
Roumanie glaciale et peu accueillante. Ils découvrent
avec stupeur des villageois apeurés ; le comte des environs
serait, selon eux, un dangereux sanguinaire. Le savant sénile
et son acolyte décident d'aller rendre une petite visite
à l'individu qui s'avère étrangement amical.
Son fils, au visage d'ange déchu, tente même de
sympathiser intimement avec Alfred qui n'a d'yeux que pour la
prisonnière du château.
| Roman Polanski a dû,
à l'époque, bien s'amuser à utiliser
tous les stéréotypes liés à
la légende de Dracula
et les tourner un à
un en dérision. Dans ce film, la gousse d'ail est
une broutille qui donne mauvaise haleine, le crucifix ne
ferait pas de mal à une mouche et certains vampires,
ô blasphème, seraient homosexuels ! Mais rassurez-vous
: à coté de cela, les superbes décors
en carton pâtes du château sont au moins aussi
inquiétants que le manoir de " Shinning "
et on frissonne à l'idée de se retrouver dans
la situation du candide personnage interprété
par Polanski qui entend, dans l'immensité du manoir,
le chant nocturne d'une mystérieuse jeune fille.
Les protagonistes découvrent que celle-ci servira
en fait de dessert lors du sympathique bal annuel qui réunit
la confrérie des buveurs de sangs de la région.
Si la comédie d'épouvante était un
art, Roman Polanski en serait l'un de ses maîtres
à penser. |
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Accompagné de la plus fabuleuse des musiques
jamais composée pour l'occasion, le Bal peut ainsi débuter
: les vampires en costume d'époque, aux mines blafardes
se mettent à danser avec entrain, bien déterminés
à s'amuser. Pour délivrer la jeune sacrifiée,
les deux héros tentent maladroitement de prendre part
à la valse, mais très vite les vampires découvrent
le pot aux roses (il y a des miroirs dans la salle des fêtes
!) . Ils sont alors contraints de s'enfuir, emportant dans la
précipitation le mal qu'il voulait à jamais éradiquer.
L'indescriptible sensation de plonger la tête
la première dans la légende du vampire est difficilement
exprimable en quelques lignes. D'autant que Roman Polanski ne
se limite pas à une austère description du mythe
; il y ajoute une insolence bouffonne qui accroît habilement
le réalisme de la situation. Enfoncer un pieu dans le
cur d'un vampire est suffisamment grand-guignolesque pour
que l'on puisse en rire
pour mieux en avoir peur. C'est
un procédé un peu paradoxal mais très efficace.
La pétrifiante musique jaillit au moment où l'on
s'y attend le moins, souvent après l'une des nombreuses
situations burlesques mettant en scène les pitreries
des deux héros maladroits aux prises des vampires.
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La mise en scène n'est bien sûr
pas innocentes. On peut même dire qu'avec le temps,
celle-ci a pris involontairement un certain cachet. La
plupart des scènes ont été tournée
dans des studios à Londres, donnant au film une
naïveté en parfaite adéquation avec
le propos. A coté de cela, le réalisme des
villageois apeurés et de certains décors
intérieurs reste saisissant, donnant ainsi au film
un lyrisme insoupçonné. L'une des scènes
les plus saisissantes du film montre Alfred avançant
dans un couloir orné de lugubres portraits d'ancêtres
du vampire ! Le spectateur s'identifie très vite
au personnage interprété par Roman Polanski,
fidèle mais peureux, tombant rapidement sous le
charme de la prisonnière du château.
Roman Polanski se devait d'offrir au spectateur
la fin la plus pessimiste qui soit. De ce côté
là, il n'y est pas allé avec le dos de la
cuillère. Tel un père Noël diabolique,
les trois occupants repartent du château en traîneau
avec à leur bord un vampire qui ne tarde pas à
s'occuper de sa première victime. Tout cela accompagné
du chant strident de ce qu'on devine être des buveuses
de sang.
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"Le bal des vampires", sous-titré
"Les héroïques Chasseurs de monstres"
et connu sous le nom de "embrace of the Vampire" et
de "Pardon me but your teeth are on my neck", fût
moyennement apprécié des critiques qui évoquèrent
à l'époque une gentille farce d'épouvante
insistant trop lourdement sur les pitreries des deux héros.
La maîtrise de la mise en scène fut cependant saluée.
Le film connut un énorme succès auprès
des étudiants avides d'humour noir (le film sortit en
1968). Pour évaluer cette popularité, il suffit
de constater les nombreuses affiches créées pour
l'occasion et même les différentes versions du
film (rassurez-vous, les deux autres versions, plus longues,
perdent énormément en efficacité). Le succès
du film s'est répercuté jusqu'à aujourd'hui
puisqu'une comédie musicale reprenant l'idée fait
actuellement un tabac à Vienne. Roman Polanski tourna
peu après un autre chef d'uvre d'épouvante
à l'humour plus discret : "Rosemary's Baby",
qui apparaît clairement aujourd'hui comme l'une des uvres
majeurs du cinéaste. Ajoutons enfin que la divine actrice
Sharon Tate, épouse de Roman Polanski, qui joue la jeune
fille à sauver dans "Le bal des Vampires",
fut tragiquement assassinée au début des années
quatre-vingt dix par des adeptes de la secte d'un certain Charles
Manson.
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