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B - Zoom sur "Le retour des morts-vivants"
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Vingt ans après "Le bal des Vampires",
Dan O'Bannon, connu pour être l'un des génies à
l'origine d'"Alien" (1979), osa s'attaquer au mythe
des morts-vivants. Les créatures de la nuit n'arrivent
décidément plus à se faire respecter
Primé au festival d'Avoriaz, " Le retour des morts-vivants
", hommage direct et peu sérieux à la "Nuit
des morts vivants" de Romero, apparaît comme l'un
des rares films de zombies de qualité depuis bien des
générations. Cette fois-ci, le retour à
la vie de nos chers ancêtres est dû à l'ouverture
accidentelle par deux individus de vieux bidons
radioactifs. Ces bidons avaient pourtant été soigneusement
conservés et dissimulés par l'armée, une
armée qui tout au long du film aura l'occasion de prouver
sa maîtrise lorsqu'il s'agit de traiter ce genre de problèmes
!
Rappelons avant tout les caractéristiques
"classiques" d'un mort-vivant : tout d'abord, celui-ci
est lent et fatigué par son retour sur terre, ses tendances
cannibales l'attirent irrémédiablement vers l'homme,
qu'il contamine par sa morsure. Ses mouvements sont déstructurés
et il agit le plus souvent en grand nombre. Un certain nombre
de ces éléments se retrouvent dans "Le retour
des morts-vivants" à quelques détails prêts
: les morts vivants attaquent beaucoup plus rapidement bien
que toujours assez peu agiles, de plus, c'est exclusivement
le cerveau des êtres humains qui intéressent nos
amis, la raison reste d'ailleurs assez mystérieuse. Enfin,
on notera un élément important qui sera repris
dans les deux suites : ces zombies peuvent contaminer la planète
entière par la simple fumée que dégagent
leurs corps brûlés
Mais surtout,
ce qui différencie ces morts-vivants de ceux vus
habituellement, ce sont leurs proies ! Si dans bon nombre
de films traitant de ce thème, un parallèle
entre la façon d'agir des morts-vivants et celle
des vivants est souvent construit, la symbolique ici est
poussée à l'extrême : les personnages
du film, sortis tout droit d'une BD, rivalisent de bêtise
au point que le spectateur n'attend qu'une seule chose :
qu'ils se fassent tous dévorer un par un ! Dans un
climat proche de l'apocalypse, les protagonistes, stressés
et stressants à souhait, se mettent à sortir
des répliques burlesques (" Le téléphone
est mort aussi... ") dans des situations qui ne sont
pas sans rappeler celles de la grande époque du grand-guignol.
En ce sens, la transformation très progressive des
deux premières victimes du groupe est judicieusement
amenée. De même, le générique
de début, qui n'arrive que tard dans le film, et
la bande originale musclée plonge clairement le spectateur
dans une ambiance surréaliste.
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A la fin du film, le réalisateur nous
offre le bouquet final : avec une austérité tout
apparente, ce dernier dévoile la solution ultime adoptée
par les militaires pour sauver l'humanité : l'utilisation
de la bombe atomique ! Une issu qui mènera finalement
l'humanité à sa perte puisque les effluves dégagés
par les zombies finira par se propager à travers le monde.
Cette fin, toute aussi pessimiste que celle du " Bal des
Vampires ", semble être la cerise sur le gâteau.
Si la bêtise humaine pouvait être symboliser par
quelque chose, semble vouloir conclure le réalisateur,
ce serait par l'action du militaire en uniforme !
Tout ceci pourrait cependant sembler un peu
lourd si le réalisateur n'entretenait pas sans cesse
le coté effrayant engendré par la situation. Car
les situations dans lesquels se retrouvent les personnages demeurent
particulièrement terrifiantes. On retrouve l'environnement
classique des héros en détresse : coincés
dans un bâtiment, ces derniers tentent de s'échapper
alors que des morts vivants envahissent peu à peu les
environs, s'acharnant sur le moindre policier qui tentent de
venir en aide au groupe. Une situation proche de celle dans
laquelle se retrouvent les protagonistes de " La nuit des
morts-vivants " et dont l'issus est tout aussi pessimiste
puisque l'apocalypse est clairement proclamer dans " Le
jour des morts vivants ", le troisième épisode
de la trilogie de Romero. Enfin, on peut saluer les performances
du film en ce qui concerne les effets spéciaux particulièrement
horrifiques du film ; si le mystère que pouvaient évoquer
les zombies dans la trilogie de Romero a ici complètement
disparu, la souffrance qu'implique le retour à la vie
de ces monstres est prodigieusement portée à l'image.
La capture et l'interrogatoire de l'un d'eux et la transformation
des deux hommes en zombie restent parmi les moments les plus
forts du film. De même, la mise en scène de l'invasion
de la ville par les morts a des apparences de cauchemars tout
éveillé.
C - Zoom sur "Creepshow" :
Par sa naïveté et son aspect de
conte horrifique, "Creepshow" est un film à
déconseiller aux plus jeunes, il leur fera certainement
encore plus d'effet qu'un film d'horreur classique ! Les parents,
eux, riront sûrement beaucoup plus en regardant cette
adaptation des bandes dessinées de la collection E.C
Comics qui fît un malheur dans les années cinquante
aux Etats-Unis puis fut rapidement censurée par le pouvoir
en place.
| Georges Romero
et Stephen King, les deux individus à l'origine du
projet, se rencontrèrent sur le tournage des "Sorcières
de Salem". La coopération entre ces deux maîtres
de l'horreur n'aboutit pas à l'époque, mais
elle leur permit en tout cas de s'entendre pour réaliser
une comédie d'épouvante qui devait être
un hommage aux célèbres BD d'épouvante
qui marquèrent leurs jeunesses respectives. Rappelons
que dans les années cinquante, ce genre de bandes-dessinées
constituait clairement un média de masse ; certains
numéros de la collection furent même tirés
à plusieurs millions d'exemplaires. |
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Aujourd'hui, on peut considérer que la
série " Les contes de la crypte ", qui a connu
un honorable succès aux Etats-Unis, est, dans son format,
l'adaptation la plus fidèle de la BD.
Les deux "Creepshow " peuvent, dans
cette optique, être considérés comme le
lien entre les EC comics et les " Contes de la crypte ".
Tout d'abord dans la forme : avec une mise en scène particulièrement
originale dans laquelle les personnages bougent et réagissent
avec le "plat relief" des héros de BD, on pense
par exemple à ces gros plans sur les visages longuement
apeurés des protagonistes derrière lesquels le
réalisateur n'hésite pas à rajouter un
éblouissant fond coloré ! Ou encore à certaines
séquences où la mise en scène volontairement
sommaire transforme les protagonistes en véritables pantins
animés. C'est aussi par son côté immoral
que "Creepshow" ressemble aux EC comics : rappelons
que l'histoire introduisant les cinq sketches du film est celle
d'un petit garçon qui, privé de sa BD, va se venger
de son père en s'acharnant sur une poupée vaudou
qui le représente ! Tous les sketchs prônent en
fait une morale bien particulière, celle du "retour
de bâton" : chacune des histoires décrit la
descente aux enfers d'un protagoniste qui, à cause d'un
meurtre, d'une tromperie ou d'une trop grande cupidité
se voit puni par une main invisible particulièrement
vicieuse !
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Ainsi, le spectateur, par le plaisir naturel
qu'il prend à voir les personnages mourir un par
un, devient le complice bien involontaire de chaque acte
perpétré. C'est sans doute pour cette raison
que les BD de l'époque furent censurées
: l'aspect grand-guignol ne cachait pas suffisamment,
aux yeux des censeurs, le contenu systématiquement
"pervers" de ces BD.
La construction n'est pas non plus innocente
: chacun des sketchs a été conçu
pour engendrer une tension progressive chez le spectateur.
Si les deux premières histoires ont davantage été
réalisées pour mettre le spectateur dans
de bonnes conditions, les trois suivantes, plus développées,
misent d'avantage sur la terreur. Ainsi, l'histoire du
couple enterré vivant à proximité
de la marée montante progresse d'une façon
qui prête particulièrement à l'effroi.
Le dernier sketch, particulièrement soigné,
joue alors naturellement sur les phobies du spectateur
moyen dont les nerfs sont, à ce moment, idéalement
mis à vif. D'une certaine façon, la description
de cette invasion de cafards achève le spectateur.
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