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II - L'ère moderne du cinéma
d'horreur :
A- Le grand-guignol :
Si les véritables comédies d'épouvante
se font rares au cinéma, les films d'horreur comiques,
eux, sont monnaies courantes. L'idée n'est plus d'associer
le rire et la peur dans un même film mais de mettre en
scène, dans un environnement souvent " sanglant
", les facéties de personnages qui ne se prennent
pas au sérieux. Un procédé finalement très
proche du théâtre du grand guignol dont le descendant
direct reste le cinéma "gore" introduit par
H.G. Lewis et son " 2000 Maniacs " dans les années
soixante.
Dans la catégorie ultra-gore, on pourra
citer le célèbre " Braindead ", de Peter
Jackson, dans lequel le personnage principal finit par massacrer
les zombies qui l'entourent à l'aide d'une tondeuse à
gazon, faisant ainsi jaillir des centaines de litres de sang.
Un film très gore qui n'est rien, vous diront les puristes,
comparer au premier "délit" de Peter Jackson
: l'ignoble mais très rigolo "Bad Taste" (1987)
qui fait notamment l'apologie de toutes les substances créées
par le corps humain !
Les deux suites du sérieux " Evildead
" de Sam Raimi jouent également sur la drôlerie
engendrée par l'irréalisme de la situation. Le
héros devient une sorte de pantin à qui les pires
choses arrivent : il perd une main, se retrouve face à
son double maléfique, oublie la courte formule qui lui
permettrait de sauver le monde. Tout cela encore une fois agrémenté
de centaines de litres de sang.
Malheureusement, ces films, à force de
surenchère, délaissent complètement l'aspect
horrifique de la situation. S'il serait impardonnable de ne
pas les citer dans un tel dossier, il convient d'insister sur
le fait que le charme d'une véritable comédie
d'épouvante réside dans son pouvoir à mêler
intimement la frayeur et le rire, ce qui n'est pas vraiment
le cas ici.
B - La grande vague des années 80
:
La prolifération de films d'horreur "amusants"
fut importante à partir des années 80. En fait,
le début des années 80 était particulièrement
fertile en films d'horreur ignobles, sérieux et souvent
bas de gamme : des histoires de cannibales, de zombies féroces
.
Mais les producteurs se rendirent vite compte que ce genre de
"navets" n'attiraient plus grand monde, alors que
des films d'horreurs plus élaborés et plus drôles
pouvaient trouver leur public.
C'est ainsi que sortit entre 1980 et 1990 une
vague de films dont l'objectif était d'amuser le public
tout en cultivant un certain art du frisson. Une sorte de cinéma
d'horreur visant le plus large public possible.
| La première uvre
que l'on peut ainsi citer est la saga des " Freddy
" (à partir de 1984), produite par Wes Craven,
dont le personnage principal fait preuve d'un sarcasme inégalé
lorsqu'il s'agit de massacrer ses victimes au travers de
leurs cauchemars. Chaque épisode est l'occasion pour
les metteurs en scène de surenchérir dans
la dérision et l'effet comique. Wes Craven semble
s'amuser avec le sadisme du sardonique Croquemitaine au
point de lui faire commettre les crimes les plus atroces
! Ce qui n'empêche que l'idée de base d'entrer
dans les cauchemars des héros apparût particulièrement
traumatisant pour les spectateurs de l'époque. |
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Les mêmes ressorts seront
utilisés pour mettre en scène le personnage
de la poupée " Chucky " dans "Child's
Play" de Tom Holland (1988). Pour ceux qui ne la connaissent
pas, Chucky est une poupée meurtrière tout
aussi violente et horrifique que le personnage précédent.
L'effet à la fois comique et horrifique est, dans
ce cas, produit par le contraste qui règne entre
la douceur qu'inspire la poupée d'enfant et la violence
des actes du criminel qui l'incarne. A noter que les auteurs
ne se sont réellement décidés à
exploiter cet effet comique qu'à la suite du premier
épisode, particulièrement effrayant. |
Enfin, le troisième film, où plutôt
la troisième saga, qui s'appuya sur les mêmes procédés
fut "Leprechaun ", mettant cette fois en scène
un lutin qui ne devient un dangereux criminel que quand on lui
vole ses pièces d'or ! Le film a connu un petit succès
aux Etats-Unis bien que la mise en scène du petit personnage
manque souvent singulièrement d'imagination.
| Mais comment parler de cet
âge d'or sans évoquer la sortie des deux très
inventifs "Gremlins"(1984 et 1990) de Joe Dante.
Si ces deux productions Hollywoodiennes sont incontestablement
considérées comme des monuments de drôleries,
il n'en reste pas moins que certaines séquences nous
rappellent qu'un gentil Guizmo peut en cacher un autre,
nettement plus violent ! Et que pour mettre en scène
les crimes violents des vilains Gremlins, les concepteurs
du film n'y allaient pas avec le dos de la cuillère.
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Des exemples du même genre, il y en a
des dizaines
Les producteurs avaient alors trouvé
la recette miracle pour effrayer le spectateur tout en ne lui
faisant pas passer un moment trop éprouvant. Le problème,
comme souvent, c'est que le filon a été surexploité
au point de lasser le grand public qui réclamait du neuf
au début des années quatre-vingt dix.
Peut-on cependant considérer tous ces
films grand public comme des comédies d'épouvante
? Cela se discute et se règle sans doute au cas par cas
Disons simplement que dans les années 80, seul John Landis
et son mythique "Loup-Garou de Londres" vint réellement
redorer le blason du genre. Cet uvre majeure du cinéma
s'inscrit dans la plus pure tradition de la comédie d'épouvante
classique. Et ce sont encore une fois les morts-vivants qui
sont tournés en dérision ! Une suite spectaculaire
mais peu convaincante, "Le loup-garou de Paris", fut
tourné en 1997. John Landis en écrivit le scénario.
A noter enfin que la période fut marquée
par la naissance du très sérieux "Hellraiser"
dont les nombreuses suites insistèrent de plus en plus
lourdement sur le côté comique des personnages,
au point de tourner toute l'uvre de Clive Barker en dérision
Un sixième épisode, écrit par Clive Barker
lui-même, est actuellement en production, elle devrait
certainement remettre les pendules à l'heure
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