Contactez nous !Inscrivez vous à la Newsletter Kinomax
 

Edito

Cinema
- News
- Critiques
- Sorties ciné
- Box-Office


Dvd
- News
- Critiques
- Sorties Dvd

Forums
Dossier
Download
Liens
Aide

Bookmark Kinomax

rendez visite a nos partenaires

Abonnez vous à la
Newsletter Kinomax

rendez visite a nos partenaires



INTERVIEW

 

Rencontrer les frères Dardenne est une expérience assez atypique. Parfois volontiers rigolard, ils n’en demeurent pas moins assez méfiants à l’égard des journalistes. Une timidité qui parfois se mue en férocité. Au sujet de leurs films, ils n’éludent aucune question. Sauf peut-être celle de la réaction du public face à leurs longs-métrages. Si l’estampille « film social » semble coller à la plupart de leurs œuvres, ils se défendent volontiers d’être des faire-valoir d’une lutte anticapitaliste primaire. Ils s’intéressent seulement à des personnages qui les touchent, selon leurs propres dires. Quand à Seraing, la bourgade belge où ils ont tourné la majorité de leurs films, c’est juste la ville dans laquelle ils ont grandi. Et dans laquelle ils aiment filmer. Et la palme ? Ils pensaient plutôt que ce serait Jérémie Reynier qui décrocherait le pompon…

Kinomax : Vos personnages sont-ils inspirés de personnes réels que vous avez rencontré ?
Jean-Pierre Dardenne : On invente nos personnages. Parfois il y a des faits divers qui vous parlent mais on n’avait jamais rencontré une personne réelle qui nous aurait inspiré. Pour « L’enfant », sur le tournage de notre film précédent, on voyait une femme avec un landau. Elle passait et repassait en poussant rapidement son landau. C’est le point de départ de notre film. Ce qui nous a aidé à développer notre scénario. Pour l’aspect voleur de Bruno, ce sont des amis qui nous ont informé sur les combines, les filières de ces petits délinquants. Puis les idées viennent au fur et à mesure du tournage.

 

Luc Dardenne : On a pris un peu plus de distance par rapport à nos précédents films. Par exemple, c’est la première fois qu’on utilise deux personnages qui n’ont pas de rapports verticaux. Bruno est un personnage qui est dans une situation précise. On ne le suit réellement que deux fois, quand il vend et quand il rachète l’enfant.

 

Jérémy Reynier dans le rôle de Bruno, c’était une évidence pour vous ?

Jean-Pierre Dardenne : Pas du tout ! Au début, on se disait qu’on allait faire un casting et puis finalement on a pensé à lui pendant l’écriture du scénario. On a demandé à le revoir (ndr : Jérémie Reynier avait déjà joué jeune dans le film « La Promesse » réalisé par les frères Dardenne). On avait peur qu’il soit trop jeune pour jouer le rôle de Bruno.

Pourquoi se teinter les cheveux en blond ?
Jérémie Reynier : « La Promesse », c’est un film qui m’a permis de démarrer dans le métier. C’est un film que j’aime beaucoup. Mais le temps a passé et j’avais envie de me transformer. Alors j’ai mis une perruque.

Votre façon de travailler avec les frères Dardenne a changé depuis « La Promesse » ?
Jérémie Reynier : La base de travail était la même que dans mon souvenir de gosse sur le film « La Promesse ». Mais j’ai pas d’outil de comparaison. Dans mon souvenir, c’était assez dur. Mais il y avait aussi moins de prise de conscience du jeu. Il y a eu un mois et demi de préparation avant le tournage et puis après j’ai foncé. C’était différent mais j’ai beaucoup appris. Chaque réalisateur t’amène à chercher ton personnage de manière différente. J’étais allongé par terre, je réfléchissais et puis des idées me venaient. J’adore ça ! Quand un réalisateur est trop sûr de ce qu’il veut, c’est plus difficile pour moi. J’ai le sourire même après 60 prises ! (rire)

 

Luc Dardenne : Non 46 prises pour la scène à laquelle tu fais allusion. N’exagère pas non plus ! (rire)

Jérémie Reynier : Moi ça m’enrichit énormément toutes ces prises. Et puis finalement notre travail a été récompensé.

Et le pour le personnage de Sonia ?
Luc Dardenne : On a passé plein de petites annonces. 250 jeunes filles ont passé un casting. C’est finalement une lycéenne qui a été choisi. On a été étonné de voir que beaucoup de personnes auditionnées faisaient déjà du théâtre en amateur.

 

Parmi les acteurs qu’on a déjà fait jouer, il y en a beaucoup qui n’ont pas fait d’autres films. Et parfois pour nos personnages secondaires comme l’infirmière, on reprend des acteurs que l’on a déjà fait jouer.

Est-ce que vous pensiez décrocher la palme d’or ?
Luc Dardenne : Nous on pensait que c’est Jérémy qui aurait la palme . Des bruits revenaient vers nous de Cannes. Et puis finalement on eu la palme d’or. Mais bon, cette palme récompense avant tout le film : c’est nous, les comédiens, les techniciens etc.

Pourquoi tourner vos films toujours au même endroit ?
Jean-Pierre Dardenne : C’est là qu’on a passé une partie de notre adolescence. On y a connu beaucoup de gens. On a fait beaucoup de reportages là-bas. Quand on pensait à un personnage, on voyait tout de suite quelqu’un qu’on a déjà fait tourner. On aime travailler, filmer les gens de cette ville. Ils sont comme nos personnages, à la marge. On aime les suivre.

Quel message vous avez voulu faire passer avec ce film ?
Jean-Pierre Dardenne : J’espère juste qu’on a pas donné de leçon.

Quelles ont été les réactions les plus courantes à la vision de votre film ?
Luc Dardenne : Souvent les gens nous disent : « Merci d’avoir imaginé ces personnages que l’on ne voie pas assez ».

 

Propos recueillis par Jérémy PONTAL
Merci à Jean-Pierre et Luc Dardenne et à Jérémie Reynier
Merci aussi à Vanessa Grollier

(Photos : Jérémy PONTAL)