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Philippe Tran
Un parcours numérique

Philippe Tran, 25 ans, fait partie de cette génération de réalisateurs qui a réussi, de court-métrage en court-métrage, à développer son univers cinématographique au travers du format numérique. Co-fondateur de l’association “ Roue-libre ” , il y développe ses propres projets et permet à des réalisateurs de tous horizons de se faire connaître.
Entre le numérique et la pellicule, Philippe Tran a donc choisi son camp : le format numérique, le plus accessible, fera l’affaire. De la mise en scène au scénario en passant par la musique et le son (qu‘il extrait de films originaux), il aime d’ailleurs être le seul maître de son œuvre. Et cela commence dès 1996, autant dire à l’âge de pierre de la technologie numérique destinée au grand public.
L’idée est alors de filmer avec un caméscope première génération et de monter le tout avec deux magnétoscopes et une chaîne HIFI. Fastidieux travail pour un résultat encore très amateur, les choses sérieuses commenceront réellement en 1998 avec l’acquisition d’un PC qui supporte le montage vidéo Hi8.
Autant dire une révolution qui donnera naissance à “ Speed Touch ”, premier court métrage présenté dans un festival régional, et première désillusion lorsque le réalisateur découvre que le format Hi8 supporte extrêmement mal le passage sur grand écran. Techniquement de qualité, le film adopte un format qui met en avant l’immense fossé qui le sépare du format DV choisi par le reste de la sélection. C’est à ce moment là que P. Tran comprend à quel point il est nécessaire de toujours assumer le résultat de ses efforts.

En 2002, le jeune réalisateur décide alors de faire le remake de “ Speed Touch ” intitulé “ Touch of Paradise ”, filmé à la fois en DV et en Hi8. Il y développe son style en reprenant le thème, modernisé, de Cupidon. Le film est présenté au prestigieux Espace Saint Michel dans le 5ème arrondissement de Paris. Le mélange des deux formats n’offre toujours pas un résultat technique satisfaisant mais les réactions du public sont positives.
L’année 2003 marquera l’accès du réalisateur à un matériel plus professionnel grâce à une association de cinéphiles. En deux semaines chrono ,dont une journée de tournage, il réalise “ Dogma 0 ”, qui imagine un monde où les chômeurs doivent être éliminés par une milice. Pour cette violente critique du libéralisme, le réalisateur sait qu’il doit faire vite et bien : il n’écrira pas de scénario mais indiquera uniquement les grandes lignes aux acteurs un peu désorientés. Mais la maîtrise technique est bien là : dès l’étape du tournage, le réalisateur, qui conserve l’habitude de travailler seul, sait quel rythme imposer pour arriver au résultat escompté. Le film sera un succès public et critique qui permettra au réalisateur d‘imposer son savoir-faire et sa technique par la suite.
Dans le cadre du projet “3e sous sol” dont le concept est de tourner un film en 3heures, pour une durée finale de 3 minutes hors générique, avec 3 personnes, Philippe Tran proposera “ 22 mètres plus bas ”. Ce film qui réunit tous les ingrédients du thriller évoque un serial killer qui appelle la police avant même d’avoir commis ses crimes. Le challenge de “ maîtriser la durée ” imposé par le projet est largement rempli puisque ce film très elliptique arrive à tenir en haleine et surprendre le spectateur du début à la fin. Là encore, le tournage s’est fait en un temps record de 3 heures dans un parking (avec autorisation) et le montage en 24 heures.
Dans sa volonté de se diversifier, le réalisateur enchaînera avec “ Point de rupture ”, une comédie sur le thème de l’argent interprété notamment par trois comédiens professionnels. Avec l’accumulation de l’expérience, Philippe Tran arrive à une œuvre maîtrisé techniquement et qui affirme de plus en plus de professionnalisme. Le film, proposant sans doute les dialogues les plus aboutis, joue sur un panel varié d’humour décalé, absurde et burlesque.

Le dernier film que Philippe Tran ait réalisé est Eien, diffusé sur Game One qui constitue un remake de Roméo et Juliette au pays du soleil levant. Là encore, les contraintes de tournage et de montage sont beaucoup moins importantes qu’au départ, un véritable réseau de relations ayant été tissé par le réalisateur. Sur fond d’amour et de trahison (thème cher à l’auteur avec celui de l’argent), Eien offre une galerie de combats impressionnants et l’on note que le rythme, alternant vitesse et lenteur, a fait l‘objet d‘un travail tout particulier.
En attendant la sortie de Dogma 2, le réalisateur ne cache pas qu’il est de plus en plus difficile de trouver le temps et l’énergie pour concevoir de nouveaux films bien qu’il adorerait se tourner vers le genre de la science-fiction. En attendant que ce projet germe, le garçon s’occupe de son association “ Roue Libre Films ” créée il y a un an, comprenant une dizaine de membres actifs. L’objectif est justement de produire tout type de film en fournissant un matériel et un réseau de scénaristes et d‘acteurs à de jeunes talents, et en assurant l’étape essentielle de la promotion. Cette promotion s’effectue essentiellement au travers des nombreux festivals de films amateurs, de la télévision, et du média Internet. En effet, pour Philippe Tran, l’importance du web est devenu considérable dans la le milieu du cinéma amateur. Il permet en effet d’offrir une support non négligeable aux films grâce à des sites qui leur sont entièrement consacrés (en tête le site “ ciné-courts ” ).
“Ein” sur ciné court
“22 mètres plus bas” sur ciné court
“Point de rupture” sur ciné court

Filmo séléctive :
- Dogma 2 (2005)
- Eien (2005)
- Point de rupture (2003)
- 22 mètres plus bas (2003)
- Dogma Zéro (2002)
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