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Quelques questions à Julien Aullas, Julien Hassenforder et Christophe Cheul, les réalisateurs du court-métrage d'animation "Watch-out".

Amis depuis de nombreuses années, nous avons suivi le début de carrière de Julien Aullas avec attention et nous sommes aujourd'hui fier de vous présenter le premier court-métrage sur lequel il s'est investi accompagné de deux de ses accolytes. Parce qu'il nous a fait rire et qu'on trouve qu'il doit être vu par le plus grande monde, nous leur avons posé plusieurs questions afin de vous présenter leur travail et leur approche.

Le site du court métrage : http://watch.out.free.fr ou télécharger directement le film (35mo).

Kinomax : Bonjour et tout d’abord bravo pour votre travail… Peux tu nous présenter brièvement ton parcours et ton rôle dans ce court ?

Julien Aullas : Salut. En fait j’ai un parcours atypique. Après une licence de mathématiques, j’ai décidé de changer d’orientation et de faire ce qui m’intéressait le plus, de la 3D. Je suis donc rentré à Sup’Infograph Paris. « Watch-Out ! » est notre film de fin d’année.
Mon rôle ? Tout s’est fait à trois. De l’écriture, à la modélisation en passant par l’animation.

  Julien Hassenforder : Mon parcours à moi était surtout orienté vers le graphisme, c'est à dire, dès la fin du collège, j'ai fait des études de dessinateur en publicité, suite à ça, j'ai rencontré pas mal de gens talentueux avec qui j'ai travaillé.
Ensuite, j'en suis venus à la conclusion que le stade supérieur du dessins, dans toutes ses formes, était l'animation... Ca c'est très personnel comme réflexion, je l'admet.
Pour finir, de la 2D animé, je suis passé à la 3D... et la fin est la même que Julien.

Kinomax : Comment s'est déroulée la conception de "Watch-out" ? La répartition du travail a-t-elle été facile à effectuer ?

JA : C’est sans doute la phase scénario/storyboard qui a été la moins évidente pour notre équipe.
Chacun a apporté ses idées qui plaisaient plus ou moins aux deux autres, ensuite il fallait les mettre en place avec le storyboard. Là encore il y avaient des divergences . L’un voulait un plan serré, l’autre une contre plongée… C’était pas toujours évident de se mettre d’accord. Mais il était nécessaire de le faire pour avoir une histoire bien construite et surtout compréhensible.
Avec cette base solide, la partie 3D ne pose pas de problème. Concrètement, chacun a modélisé un perso et un décor, puis a choisi des plans à animer (sur les 121 du film). Les éclairages ont également étaient répartis par décor.
On s’entend bien dans l’équipe, ce qui a facilité la répartition du boulot.

JH : En général, la conception s'est plutôt bien passée, c'est vrai, mais le plus dur était de ne pas trop en rajouter, surtout lors de la construction des gags. Nous étions tellement enthousiasmés de bosser ensemble, que quelque fois ça partait un peu dans tous les sens, mais en général nous nous sommes bien réparti le boulot, et tout c'est bien passé.

Kinomax : On a pu voir plusieurs clins d’œil (Ken le surivant, Matrix, Indiana Jones, Bruce Lee…). Y a-t-il d’autres inspirations qui ne semblent pas évidentes ou même des privates jokes ?

JH : On voulait surtout montrer que de faire des clins d'oeil n'était pas "gratuit", comme certains le pensent, car c'est bien jolie de dire: "Tiens là, on n'a qu'à faire comme un tel, c'est marrant...", il faut surtout pouvoir le faire et l'intégrer correctement dans la suite des évènements.

JA : Ouais les clins d’œil ! Il y en a pas mal. The Mask , Ghost in the Shell … celles-là sont peut-être moins évidentes à voir. Mais il n’y a pas de « private jokes », on voulait que tout le monde puisse comprendre.

Kinomax : De même, au niveau du character design, peux tu nous en dire plus sur ta façon de travailler ?

JA : C’est le personnage principal qui nous a posé le plus de problèmes. On était en désaccord, si bien que chacun a dû dessiner des têtes pour le héros. On a ensuite choisi à partir de tous les dessins. Pour le corps, on a opté pour un perso SD c’est-à-dire Super Deformed ( ici avec des grosses mains et gros pieds) qui correspondait à l’esprit cartoon du film.
En fait, tout ce qui est Disney ou de type manga nous a aidé pour la création de nos perso.

JH : Pour le character design, il y a toujours des règles à respecter, comme la grosse brute, en l'occurence "le vigil du wushuclub", il lui fallait un gros torse, de grosses patounes, des petites jambes...en tout cas sur ce projet nous avons bossé comme ça, mais en général je me fie toujours à ces règles pour construire mes personnages.

Kinomax : Un tel scénario est-il long à imaginer ? Le moindre détail est-il écrit d'avance ou y a-t-il des idées qui apparaissent au moment de la mise en forme du film ?

JA : « Long » n’est pas vraiment le terme que j’utiliserais. Les grandes lignes de l’histoire ont été trouvées rapidement, mais tous les rebondissements (si on peut appeler ça comme ça) ont mis plus de temps à se mettre en place.
Effectivement le moindre détail était écrit, ce qui laissait peu de place à une quelconque improvisation. On se devait de respecter le timing de chaque plan, chose impossible en rajoutant des idées au fur et à mesure.

 JH : Julien à tout dit, mis à part qu'il y avait toujours quelqu'un, moi y compris , pour rajouté des "à tiens, là je ferais bien ça et ça..." mais en général nous étions toujours là pour lui mettre un taqué (rire)... et lui rappeler le timing du film.

Kinomax : Quelles sont les séquences sur lesquelles vous avez passé le plus de temps ?

JA : Personnellement, c’est la scène de combat de fin. Je me suis chargé du plan où le héros fait tournoyer le gros boss, et il faut savoir que les contacts et interactions entre personnages (ou objets) sont durs à gérer. Donc une bonne prise de tête en l’occurrence.

JH : Pour ma part, c'était peut-être lorsque le héros met K.O le Gros boss, juste avant la scène dont Julien parle. Il fallait que le héros glisse, et reparte aussitôt pour tourner sur lui-même, et donner une uppercut avec ses jambes et mettre le Boss à terre... tout en décomposant cette scène en trois plan, et que tout soit dans le champs... tout un programme !
Mais pour être plus bref, c'est lorsque je suis crevé, que le moindre petit truc me paraît astronomique(rire)...

Kinomax : Y a-t-il eu des séquences que vous avez imaginez mais que vous n'avez finalement pas conservées dans la version finale ?

JA : Oh oui ! Au moment du storyboard, on a retiré pas mal de plans, de peur de pas avoir le temps de finir le film. On a eu raison au final. Il s’agissait essentiellement de pièges supplémentaires dans le couloir et de combats contre les petits méchants.

JH : Mais aussi l'introduction du héros tout au début, et je la trouve toujours trop rapide, mais bon...point trop n'en faut.
Et le temps était là pour nous le rappeler évidemment.

Kinomax : Quelles sont les parts respectives de créativité et de technique dans un tel court-métrage d'animation ?

JA : La créativité a peu de place dans ce court-métrage. Ce que l’on peut y voir n’a rien de nouveau, on a rien inventé, c’est évident. C’est donc, en grande partie, la technique qui prédomine, c’est sûr. Mais c’est grâce à ça que les gags vont fonctionner ou pas, et là je parle surtout de l’animation. Si le perso est tout mou et qu’il bouge mal, tous les effets comiques vont tomber à l’eau.

JH : En gros, le sujet n'était pas de créer réellement quelque chose d'innovant, mais surtout de montrer les compétences de chacun et d'en faire un petit film sympathique, une sorte de carte de visite.

Kinomax : Ce qui fait le charme de "Watch-out", c'est son souci du détail, l'intrigue semble, elle, relativement secondaire, est-ce un parti pris souhaité dès le départ ?

JA : Absolument. On voulait partir d’une histoire simple, et travailler l’animation. Notre but était de donner vie et caractère aux persos. C’est plus attachant.
Il n’était pas question de développer une intrigue incompréhensible avec des sous entendus que personne ne comprend, comme c’est souvent le cas dans les court-métrages d’animation.

  JH : En général, les court-métrages du même genre sont muets, et pour un film d'animation dynamique, l'intrigue et les sous entendus n'ont pas vraiment leurs places, surtout si il n'y a pas de dialogues.
Et puis cela risque de paraître pompeux de faire "du sentiment", dans un petit film où l'animation prédomine.

Kinomax : Aura-t-on un jour l'occasion de revoir le personnage principal de "Watch-out" ?

JA : Qui sait… mais ça me semble peu probable pour l’instant. On a travaillé dessus pendants des mois, on a vu le film des dizaines et des dizaines de fois (pas pour le plaisir je vous rassure, mais pour le faire découvrir), tu comprendras qu’on sature un peu…

JH : C'est sûr, il faut passer à autre chose. Mais peut-être que lorsque nous serons plus âgé, ça nous fera marrer de faire se rencontrer tous nos personnages de nos futurs court-métrages, qui sait? "Futur" j'ai dit "futur" ? (rire)

Kinomax : Quels sont tes prochains objectifs et projets ? Où pourra-t-on les voir ?

JA : Mes objectifs, comme ceux de mes deux petits camarades, c’est de bosser professionnellement sur des productions, aussi bien des séries télé, que de la pub ou du long métrage.
Pour l’instant, on continue ensemble sur d’autres petits films, mais c’est trop tôt pour en parler, comme disent les professionnels de la profession.
Dès que c’est disponible je te fais signe.

JH : Tout à fait ! Et puis d'abord c'est secret défense, et toi, t'es pas dans le secret...(Rire).
Non, pour l'instant nous recherchons du travail, et d'ici là, soit sûr que nous ne restons pas là à nous tourner les pouces, non monsieur !

Merci de nous avoir consacrer un peu de temps. Bonne continuation pour ton site !

Kinomax : merci à vous, et bonne chance, on garde un oeil sur vous !

Réalisations de courts-métrage 3D

Julien Aullas

- 2001: Neubauten Einsturz

- 2002: Watch-Out !

Christophe Cheul

- 2001: J'en ai ma claque de la planète taire

- 2002: Cheesy

- 2002: Watch-Out !

Julien Hassenforder

- 2001: Joyeux Noel

- 2002: Watch-Out !