Kinomax : Bonjour et tout
d’abord bravo pour votre travail… Peux tu nous présenter
brièvement ton parcours et ton rôle dans ce court
?
Julien Aullas : Salut.
En fait j’ai un parcours atypique. Après une licence
de mathématiques, j’ai décidé de
changer d’orientation et de faire ce qui m’intéressait
le plus, de la 3D. Je suis donc rentré à Sup’Infograph
Paris. « Watch-Out ! » est notre film de fin d’année.
Mon rôle ? Tout s’est fait à trois. De l’écriture,
à la modélisation en passant par l’animation.
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Julien
Hassenforder : Mon parcours à moi était
surtout orienté vers le graphisme, c'est à
dire, dès la fin du collège, j'ai fait des
études de dessinateur en publicité, suite
à ça, j'ai rencontré pas mal de gens
talentueux avec qui j'ai travaillé.
Ensuite, j'en suis venus à la conclusion que le stade
supérieur du dessins, dans toutes ses formes, était
l'animation... Ca c'est très personnel comme réflexion,
je l'admet.
Pour finir, de la 2D animé, je suis passé
à la 3D... et la fin est la même que Julien.
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Kinomax : Comment s'est déroulée
la conception de "Watch-out" ? La répartition
du travail a-t-elle été facile à effectuer
?
JA : C’est sans
doute la phase scénario/storyboard qui a été
la moins évidente pour notre équipe.
Chacun a apporté ses idées qui plaisaient plus
ou moins aux deux autres, ensuite il fallait les mettre en place
avec le storyboard. Là encore il y avaient des divergences
. L’un voulait un plan serré, l’autre une
contre plongée… C’était pas toujours
évident de se mettre d’accord. Mais il était
nécessaire de le faire pour avoir une histoire bien construite
et surtout compréhensible.
Avec cette base solide, la partie 3D ne pose pas de problème.
Concrètement, chacun a modélisé un perso
et un décor, puis a choisi des plans à animer
(sur les 121 du film). Les éclairages ont également
étaient répartis par décor.
On s’entend bien dans l’équipe, ce qui a
facilité la répartition du boulot.
JH : En général,
la conception s'est plutôt bien passée, c'est vrai,
mais le plus dur était de ne pas trop en rajouter, surtout
lors de la construction des gags. Nous étions tellement
enthousiasmés de bosser ensemble, que quelque fois ça
partait un peu dans tous les sens, mais en général
nous nous sommes bien réparti le boulot, et tout c'est
bien passé.
Kinomax : On a pu voir plusieurs
clins d’œil (Ken le surivant, Matrix, Indiana Jones,
Bruce Lee…). Y a-t-il d’autres inspirations qui
ne semblent pas évidentes ou même des privates
jokes ?
JH : On voulait surtout
montrer que de faire des clins d'oeil n'était pas "gratuit",
comme certains le pensent, car c'est bien jolie de dire: "Tiens
là, on n'a qu'à faire comme un tel, c'est marrant...",
il faut surtout pouvoir le faire et l'intégrer correctement
dans la suite des évènements.
JA : Ouais les clins
d’œil ! Il y en a pas mal. The Mask , Ghost in the
Shell … celles-là sont peut-être moins évidentes
à voir. Mais il n’y a pas de « private jokes
», on voulait que tout le monde puisse comprendre.
Kinomax : De même, au niveau
du character design, peux tu nous en dire plus sur ta façon
de travailler ?
| JA :
C’est le personnage principal qui nous a posé
le plus de problèmes. On était en désaccord,
si bien que chacun a dû dessiner des têtes
pour le héros. On a ensuite choisi à partir
de tous les dessins. Pour le corps, on a opté pour
un perso SD c’est-à-dire Super Deformed (
ici avec des grosses mains et gros pieds) qui correspondait
à l’esprit cartoon du film.
En fait, tout ce qui est Disney ou de type manga nous
a aidé pour la création de nos perso.
JH : Pour le
character design, il y a toujours des règles à
respecter, comme la grosse brute, en l'occurence "le
vigil du wushuclub", il lui fallait un gros torse,
de grosses patounes, des petites jambes...en tout cas
sur ce projet nous avons bossé comme ça,
mais en général je me fie toujours à
ces règles pour construire mes personnages.
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Kinomax : Un tel scénario
est-il long à imaginer ? Le moindre détail est-il
écrit d'avance ou y a-t-il des idées qui apparaissent
au moment de la mise en forme du film ?
JA : « Long
» n’est pas vraiment le terme que j’utiliserais.
Les grandes lignes de l’histoire ont été
trouvées rapidement, mais tous les rebondissements (si
on peut appeler ça comme ça) ont mis plus de temps
à se mettre en place.
Effectivement le moindre détail était écrit,
ce qui laissait peu de place à une quelconque improvisation.
On se devait de respecter le timing de chaque plan, chose impossible
en rajoutant des idées au fur et à mesure.
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JH
: Julien à tout dit, mis à part
qu'il y avait toujours quelqu'un, moi y compris , pour rajouté
des "à tiens, là je ferais bien ça
et ça..." mais en général nous
étions toujours là pour lui mettre un taqué
(rire)... et lui rappeler le timing du film. |
Kinomax : Quelles sont les séquences
sur lesquelles vous avez passé le plus de temps ?
JA : Personnellement,
c’est la scène de combat de fin. Je me suis chargé
du plan où le héros fait tournoyer le gros boss,
et il faut savoir que les contacts et interactions entre personnages
(ou objets) sont durs à gérer. Donc une bonne
prise de tête en l’occurrence.
JH : Pour ma part,
c'était peut-être lorsque le héros met K.O
le Gros boss, juste avant la scène dont Julien parle.
Il fallait que le héros glisse, et reparte aussitôt
pour tourner sur lui-même, et donner une uppercut avec
ses jambes et mettre le Boss à terre... tout en décomposant
cette scène en trois plan, et que tout soit dans le champs...
tout un programme !
Mais pour être plus bref, c'est lorsque je suis crevé,
que le moindre petit truc me paraît astronomique(rire)...
Kinomax : Y a-t-il eu des séquences
que vous avez imaginez mais que vous n'avez finalement pas conservées
dans la version finale ?
JA : Oh oui ! Au
moment du storyboard, on a retiré pas mal de plans, de
peur de pas avoir le temps de finir le film. On a eu raison
au final. Il s’agissait essentiellement de pièges
supplémentaires dans le couloir et de combats contre
les petits méchants.
| JH : Mais
aussi l'introduction du héros tout au début,
et je la trouve toujours trop rapide, mais bon...point
trop n'en faut.
Et le temps était là pour nous le rappeler
évidemment.
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Kinomax : Quelles sont les parts
respectives de créativité et de technique dans
un tel court-métrage d'animation ?
JA : La créativité
a peu de place dans ce court-métrage. Ce que l’on
peut y voir n’a rien de nouveau, on a rien inventé,
c’est évident. C’est donc, en grande partie,
la technique qui prédomine, c’est sûr. Mais
c’est grâce à ça que les gags vont
fonctionner ou pas, et là je parle surtout de l’animation.
Si le perso est tout mou et qu’il bouge mal, tous les
effets comiques vont tomber à l’eau.
JH : En gros, le sujet
n'était pas de créer réellement quelque
chose d'innovant, mais surtout de montrer les compétences
de chacun et d'en faire un petit film sympathique, une sorte
de carte de visite.
Kinomax : Ce qui fait le charme
de "Watch-out", c'est son souci du détail,
l'intrigue semble, elle, relativement secondaire, est-ce un
parti pris souhaité dès le départ ?
JA : Absolument. On
voulait partir d’une histoire simple, et travailler l’animation.
Notre but était de donner vie et caractère aux
persos. C’est plus attachant.
Il n’était pas question de développer une
intrigue incompréhensible avec des sous entendus que
personne ne comprend, comme c’est souvent le cas dans
les court-métrages d’animation.
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JH
: En général, les court-métrages
du même genre sont muets, et pour un film d'animation
dynamique, l'intrigue et les sous entendus n'ont pas vraiment
leurs places, surtout si il n'y a pas de dialogues.
Et puis cela risque de paraître pompeux de faire "du
sentiment", dans un petit film où l'animation
prédomine. |
Kinomax : Aura-t-on un jour l'occasion
de revoir le personnage principal de "Watch-out" ?
JA : Qui sait…
mais ça me semble peu probable pour l’instant.
On a travaillé dessus pendants des mois, on a vu le film
des dizaines et des dizaines de fois (pas pour le plaisir je
vous rassure, mais pour le faire découvrir), tu comprendras
qu’on sature un peu…
| JH : C'est
sûr, il faut passer à autre chose. Mais peut-être
que lorsque nous serons plus âgé, ça
nous fera marrer de faire se rencontrer tous nos personnages
de nos futurs court-métrages, qui sait? "Futur"
j'ai dit "futur" ? (rire) |
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Kinomax : Quels sont tes prochains
objectifs et projets ? Où pourra-t-on les voir ?
JA : Mes objectifs,
comme ceux de mes deux petits camarades, c’est de bosser
professionnellement sur des productions, aussi bien des séries
télé, que de la pub ou du long métrage.
Pour l’instant, on continue ensemble sur d’autres
petits films, mais c’est trop tôt pour en parler,
comme disent les professionnels de la profession.
Dès que c’est disponible je te fais signe.
JH : Tout à
fait ! Et puis d'abord c'est secret défense, et toi,
t'es pas dans le secret...(Rire).
Non, pour l'instant nous recherchons du travail, et d'ici là,
soit sûr que nous ne restons pas là à nous
tourner les pouces, non monsieur !
Merci de nous avoir consacrer un peu de temps.
Bonne continuation pour ton site !
Kinomax : merci à
vous, et bonne chance, on garde un oeil sur vous !
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